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Constantine - Travaux de consolidation du pont de Sidi Rached

# Administrateur | 16/09/2009 | Patrimoine

Travaux de consolidation du pont de Sidi Rached

Les travaux de consolidation du pont de Sidi Rached de Constantine seront entrepris « prochainement » à la faveur de la récupération du plan original ayant servi à la construction de l’ouvrage, a indiqué dimanche une source proche de la wilaya.


constantine - le pont

Le plan détaillé, confectionné par l’architecte qui a conçu ce pont réalisé en maçonnerie, retrouvé par les responsables locaux du secteur des travaux publics, est considéré comme « très précieux » car contenant toutes les précisions sur les procédés d’entretien de l’ouvrage et renferme des indications utiles sur les techniques d’intervention en cas de dégradation. Egaré depuis des décennies, le document avait fait l’objet d’une vaste opération de recherches de la part des responsables des travaux publics, a-t-on souligné, précisant que les tentatives des experts locaux et internationaux, qui ont essayé d’apporter des solutions pour colmater les fissures constatées sur les pylônes de maintien du pont, ont été inopérantes. Même les techniques ultramodernes et le savoir-faire des firmes étrangères n’ont pas réussi à stopper « l’hémorragie » qui a affecté ce pont devenu emblématique dans la cité du Vieux Rocher, rappelle-t-on. L’exploitation du plan original va permettre aux responsables concernés de réaliser une action de consolidation « fiable », fondée sur des données exactes et « sans risque d’occasionner des dégâts irréparables à l’ouvrage construit en pierre », selon les explication fournies par des experts.

Un comité technique « élargi », composé de représentants des instances de l’exécutif concernées et de cinq experts du ministère des travaux publics, vient être installée par le wali de Constantine, afin d’apporter un « diagnostic fiable » sur l’état actuel de cet ouvrage, a-t-on annoncé à la wilaya. En parallèle, des experts des secteurs de l’hydraulique, des travaux publics, de la Conservation des forêts et de l’Office national d’assainissement (ONA) ont été instruits à l’effet d’élaborer un rapport détaillé sur le phénomène « réel ou supposé » du glissement de terrain qui serait derrière la dégradation du pont. L’entreprise, qui devra prendre en charge les travaux de consolidation, sera désignée « aussitôt après la validation du diagnostic attendu des experts locaux », a-t-on également fait savoir à la wilaya. La récupération du plan par les services des travaux publics permet aujourd’hui d’affirmer, selon un responsable local, que le pont de Sidi Rached, de 447 mètres de long et de 12 mètres de large, considéré à sa construction en 1912 comme l’un des plus beaux du monde, reliera « encore et pour longtemps » le centre de la ville à la gare ferroviaire et à l’axe routier du Sud-Est.

[ via ]
Par APS
El Watan, publié le 16 Septembre 2009

Algérie-Skikda - 31 objets antiques et œuvres d’art récupérés

# Administrateur | 25/08/2009 | Patrimoine

Patrimoine


Authentification de 31 objets antiques et œuvres d’art récupérés à Skikda


objets antique decouvertTrente et une (31) pièces parmi les 118 objets antiques et œuvres d’art récupérés au début du mois d’août par la section de sécurité et d’intervention de la Gendarmerie nationale de Skikda sont des originaux, a-t-on appris lundi auprès du département de la conservation du patrimoine culturel de la direction de la culture.

Selon une experte dépêchée par le ministère de la Culture, Mlle Ghania Chekrit, la mission ministérielle, effectuée la semaine dernière et dirigée par la directrice du musée national des Beaux-Arts, Mme Dalila Orfali, a confirmé « la valeur artistique et historique des œuvres originales », précisant que le reste des pièces « n’ont aucune valeur ». La responsable du département de la conservation du patrimoine culturel de la direction de la culture a indiqué que les œuvres originales se composent de statues humaines et animales en bronze et en cuivre doré, deux becs à gaz fabriqués en Suède, une vielle montre de poche, un dollar américain en argent, une louche en argent et des bougeoirs qui remontent à la fin du XIXe siècle. Les pièces originales, a souligné la même source, sont conservées à la direction de la culture, avec une collection de 100 autres objets qui attendent d’être placés dans un musée. A rappeler que les services de la Gendarmerie nationale de la wilaya de Skikda avaient saisis 118 objets « antiques et œuvres d’art » au domicile d’un habitant du centre-ville de Salah-Bouchaour, au sud de Skikda. Les gendarmes étaient munis d’une autorisation d’extension de compétence et d’un mandat de perquisition, délivrés à la suite de l’interpellation du mis en cause à bord de son véhicule, alors qu’il était en possession de quatre statuettes antiques, a-t-on indiqué auprès de ces services.

[ via ]
Par Algérie presse service
La Tribune, publié le 25 Août 2009

Algérie - Corniche jijelienne : Les Grottes merveilleuses

# Administrateur | 19/08/2009 | Patrimoine

corniche jijelienne

Corniche jijelienne


Les Grottes merveilleuses

La statue de la Liberté, la tour de Pise et une telle fraîcheur ! 18°, en pleine canicule ! Merveilles naturelles par excellence, les grottes de la corniche jijelienne, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Jijel, restent pour les estivants et les visiteurs de la région une grande curiosité et un vrai régal pour les yeux.


Jijel la grotte merveilleuseJijel la grotte merveilleuse Dar-El-Oued (l'elephant) Jijel la grotte merveilleuse Dar-El-Oued (l'elephant) Les touristes, si on peut les appeler ainsi en cette période estivale qui empruntent le tronçon routier reliant Jijel à Béjaïa, ne se privent d’ailleurs pas d’assouvir cette curiosité en pénétrant à l’intérieur de ces grottes qui impressionnent par leur fraîcheur en cette saison torride. « Ici, la température est maintenue à longueur d’année à 18°C », nous a-t-on dit sur place, avant que le guide chargé de mener les visiteurs à l’intérieur n’engage les explications d’usage à l’adresse de ces derniers. La grotte de Ghar El Bez, en référence à l’épervier, un oiseau connu de la région et qui nidifie au sommet de celle-ci, est la première à vous accueillir sur la route en direction de Béjaïa.

Une longue file de voitures encombre la circulation sur cette voie qu’empruntent les estivants à la recherche des sites les plus attractifs de la corniche. Aménagée en 2004 avant d’être ouverte au public en 2006, la grotte de Ghar El Bez reçoit plus d’un millier de visiteurs par jour, ces derniers peuvent contempler, dans un décor simulant des effets sonores et des cris d’animaux pour imiter l’époque de l’homme primitif, une sorte de musée ancien en référence aux ères lointaines de la région où plusieurs autres grottes ont été découvertes. « L’ouverture de ces grottes s’est rendue impérative pour diminuer la pression sur les sites protégés du parc national de Taza et diversifier les pôles touristiques de la région », a précisé notre guide. Les gorges des oueds, la plage de Taza, des Aftis, ainsi que celle des Grottes merveilleuses, en plus du parc animalier et des dizaines de grottes de la région, représentent les autres sites touristiques du parc national de Taza. Un peu plus loin, sur la même route, les Grottes merveilleuses, tel un réfrigérateur naturel, sont également ouvertes au public. Découvertes en 1917, celles-ci reçurent la première visite en 1940. Antérieurement à 1992, ces grottes faisaient partie du patrimoine géré par l’APC, avant qu’une décision ne soit prise pour les intégrer au parc national de Taza, « pour les protéger des actes de pillage et freiner leur dégradation », a-t-on souligné.

Avec un taux d’humidité de l’ordre de 60 à 80%, la température à l’intérieur de ces grottes est également maintenue à longueur d’année à 18°C, ce qui représente, miracle de la nature, la moyenne annuelle de la température dans la wilaya de Jijel. Les stalagmites et stalactites sont la particularité de ces grottes, à l’intérieur desquelles on peut facilement deviner des formes représentant, tenez-vous bien, la statue de la Liberté, la tour de Pise, ainsi que plusieurs autres formes qui vous permettent d’imaginer, entre autres, la position de la prière, le chapeau chinois, le pied de chameau, etc. Les visiteurs sont toutefois avertis qu’ils ne peuvent pas photographier ou toucher ces formes, une mesure prise pour protéger le patrimoine de ces grottes.

[ via ]
Par Zouikri A.
El Watan, publié le 19 Août 2009

La Casbah d’Alger suscite encore la curiosité et des détours

# Administrateur | 14/08/2009 | Patrimoine

Casbah d'Alger

La Casbah d’Alger suscite encore la curiosité et des détours


Virée au cœur d’un patrimoine meurtri

C’est dans le cadre d’un programme d’activités culturelles initié par Euro-Med, dernièrement, dans un site archéologique à Cherchell (quartier Caïd Youssef) autour de la mémoire de l’eau en Méditerranée, qu’une équipe composée d’archéologues et de bénévoles issus de l’AREA-ED (Association de réflexion, d’échanges et d’actions pour l’environnement et le développement) sous la direction de l’association française APARE (Association pour la participation et l’action régionale) que l’idée de visiter la Casbah d’Alger a germé au sein du groupe.


Autrement dit, cela vaut la chandelle de faire conjuguer le travail associatif avec le tourisme culturel et plonger dans l’histoire d’une mémoire ancestrale. Car voir Alger et ne pas arpenter les venelles de l’antique médina, c’est comme visiter Venise et ne pas emprunter ses gondoles. Après une halte sur le parvis de Notre-Dame d’Afrique et une petite virée dans la bourgade de Bologhine, la petite caravane de touristes a rallié la villa du Millénaire, via la maison de l’artisanat, avant d’entamer le parcours touristique à partir de l’une des huit portes de la ville érigée, par Manad Ibnou Ziri : Bab Ejdid, située en contrebas de la citadelle qui s’étale sur 1,1 km2. Munis de leurs appareils numériques pour immortaliser, au fil de l’itinéraire, le patrimoine endormi et voler des scènes de vie, les touristes n’ont pu avoir accès à Dar Essoltane qui, soulignons-le, fait l’objet de restauration depuis une trentaine d’années. En cet été aoûtien chargé de moiteur, il était difficile pour nos hôtes de dénicher une quelconque terrasse pour se rafraîchir. Morne cité Plusieurs fois, lorsqu’un groupe de visiteurs tient à sillonner les rues de La Casbah , le parcours devient lassant, voire harassant, faute d’aire de repos regroupant quelques commodités pour d’éventuelles virées. « Il faudra tout de même une petite logistique pour mettre à l’aise les touristes et leur faire découvrir les curiosités, du moins ce qu’il en subsiste », dira le guide encadreur de circonstance, Redouane Kechkoul, un Casbadji, qui est sollicité pour user de son tour de génie dans le but de servir le patrimoine. « Je regrette que les autorités lésinent sur les moyens susceptibles d’offrir un espace visant à accueillir les touristes », dit-il. Cela ne l’empêche pas, en effet, de se mettre à l’ouvrage lorsqu’il s’agit de se préparer, en conséquence, avec les moyens de bord, pour accueillir un groupe de touristes en quête de découverte. Contrairement à nos voisins immédiats de l’est et de l’ouest où « les commodités de base et les services afférents au patrimoine sont offerts au détour de chaque rue, a fortiori quand la chose colle au secteur du tourisme, chez nous c’est la dèche », déplore Yasmine, relayée par Simon : « C’est un beau patrimoine à visiter, certes, mais nous aurions souhaité nous imprégner des fragrances de son terroir, plonger au cœur de son patrimoine immatériel dans une douérate, humer une certaine atmosphère d’antan, à travers les corps de métiers, l’art culinaire, et quelques qa’adate casbadjies, etc., mais les murs décrépis et non moins chargés d’histoire et de hauts faits d’armes traduisent une certaine désolation », résument-elles sur un ton amer.
Des palais à capitaliser

Une ambiance pesante qui peine à susciter quelques bribes de souvenance, sommes-nous tenus de conclure. Le groupe dévale lentement la rue des Maghrébins, avant d’arpenter la rue des Zouaves et la rue Sidi Ramdane où il étanche sa soif dans une fontaine contiguë à l’une des plus anciennes mosquées, sinon la première dans la médina d’Alger, Djamaâ Sidi Ramdane. Les touristes passent à travers les sabates et défilent du regard les bâtisses confortées par des étaiements, non sans zoomer avec leur « Canon » d’autres demeures dont l’encorbellement rehausse les parois fraîchement chaulées. Quelques haltes sont observées par nos hôtes dans une échoppe de brocante, avant de marquer une autre pause chez un artisan dans l’art appliqué et deux ou trois dinandiers pour s’offrir quelques souvenirs. La main experte en artisanat n’a plus pignon sur rue, et les corps de métiers disposés, jadis, en enfilade dans les ruelles, ont laissé place à un négoce plus rémunérateur.
Situation d’abandon

Au cœur de la médina, des gravats jonchent des espaces pleins de vides. Il ne reste que des pans de murs qui témoignent d’îlots d’habitations, autrefois fastes, comme Zenqat El Khendaq qui débouche en aval sur « Hwanat Sidi Abdellah »’ dont le dépavage renseigne sur le réseau hydraulique mal entretenu. Une tranche de patrimoine qui a fini par céder à l’outrage du temps conjugué à l’incurie de l’homme. Nous poursuivons notre parcours labyrinthique, en faisant l’impasse sur la fameuse légende de Dar El Maâkra (l’Impure), l’histoire de la zaouia Sidi ben Ali (réhabilitée), l’ombre du saint Sidi Bougueddour qui plane sur des lieux sombres ou encore le cimetière des Deux-Princesses (Nfissa et Fatma) où toute trace a été rasée par de bien-pensants dévots et dont aucune plaque n’a daigné utile de perpétuer cette mémoire collective pour la postérité. Plus bas, un autre espace aménagé en aire de jeux s’ouvre sur le Musée national des arts et traditions populaires où il est permis de visiter seulement le rez-de-chaussée et le premier étage, le niveau supérieur étant fermé pour travaux, nous dit-on. Quant au palais Dar Essouf, entièrement restauré, mais fermé à double tour, le ministère de tutelle ne sait plus quoi faire de ce joyau ni comment le mettre en valeur. Aussi, si le Musée de la miniature, de l’enluminure et de la calligraphie (sans manuel-guide expliquant l’histoire du palais) draine quelques timides expositions, le Mausolée du Saint patron d’Alger, Sidi Abderrahmane qui jouxte ceux de Sidi Flih et Sidi Mançour, reste le théâtre vénéré de gens qui défilent, perpétuant la pratique d’un rite confiné dans les dervicheries et l’offrande en retour d’une grâce. Celui des ex-voto.

[ via ]
Par M. Tchoubane
El Watan, publié le 14 Août 2009

Alger : Trésors archéologiques à ciel ouvert

# Administrateur | 03/08/2009 | Patrimoine

Clôture demain du chantier de la place des Martyrs


Trésors archéologiques à ciel ouvert




tresors archeologiquesUne grande fosse dans le sol ouverte sur le ciel algérois pour un véritable voyage dans le passé. Des piquets délimitant une surface d’environ 1 000 m2. Autour, des engins, des amas de terre et des ouvriers qui déblayent et ratissent. A l’intérieur de la fosse, des archéologues que la chaleur harassante de ce mois d’août ne semble pas réfréner, piochent, guettent et inspectent le moindre bout de terre. La place des Martyrs est bel est bien transformée en chantier. Mais pas n’importe lequel. Un chantier archéologique… Sur place, 12 ouvriers, 14 archéologues algériens et 4 archéologues français s’enthousiasment et s’échinent pour lire l’histoire sur la terre. Le spectacle vaut le détour, surtout en s’approchant et observant attentivement vers le bas. A 7 mètres de profondeur, les niveaux dits anthropiques (pouvant contenir des traces humaines) donnent à voir sur une petite surface une concentration de vestiges archéologiques qui captent le regard.

• Mosaïques colorées et croix révélant les débris d’une basilique paléochrétienne datant du Ve siècle après J. C.
• Un mur de fondation contenant des fragments de céramiques datant du Ier siècle après J. C.
• Un quartier de l’époque ottomane, avec objets métalliques, cuivres, boulets de canon remontant au XIXe siècle.
• Des sépultures et des ossements non encore situés.
• La plus ancienne trace consiste en des débris encore en études mais qui remonte à l’époque du roi berbère Juba II, soit au 1er siècle avant J. C. De quoi constituer de remarquables trésors archéologiques pour donner à voir la richesse civilisationnelle de la ville d’Alger, antique Icosium, qui a survécu au passage de tant de colonies, d’apports et de destructions.

Kamel Stiti, archéologue, directeur de l’opération de ces sondages, qui ont débuté le 4 juillet dernier, confie ses impressions non sans émotion : « La première particularité qui attire sur ce site c’est que la place des Martyrs a subi des démolitions et des destructions par les Français, c’était donc très étonnant de trouver des vestiges dans cet endroit qui a été rasé et dépossédé de sa substance archéologique à l’époque coloniale », explique-t-il avant de préciser que ces découvertes sont l’occasion rêvée de se réapproprier l’Histoire : « Notre Histoire a toujours été écrite par les autres, ces découvertes sont l’occasion de changer les choses », suggère-t-il. Et d’ajouter : « Ce sont des traces de colonies qui ont traversés notre pays mais pas seulement, dans les fragments retrouvés il y a surtout la trace du savoir-faire et des apports de nos ancêtres investis dans ces différentes civilisations », soutient-il avec verve. Ce chantier archéologique en soulève des passions. Surtout pour ceux conscients des secrets que recèle le sol. Secrets du passé qui ne demandent qu’à être observés de plus près…

Après avoir accueilli tant de civilisations… après avoir été notamment la place des armes à la récente époque coloniale pour finir en actuelle place des Martyrs, cet espace se préparait à voir le passage sous peu du tant attendu métro d’Alger. D’où la nécessité d’engager un chantier d’archéologie préventive qui consiste en la conciliation entre projet urbanistique et préservation du patrimoine. Une première en Algérie, et même dans le monde arabe. C’est des archéologues de l’INRAP (Institut français de recherches archéologiques préventives) qui ont été mobilisés pour leur apport technique en la matière. Il s’agit pour eux d’étudier les éléments trouvés pour voir la faisabilité d’éventuels aménagements urbains tout en préservant le patrimoine. En coopération avec les archéologues algériens, ils devront établir un rapport en octobre prochain devant déterminer le sort de ces découvertes mais aussi le devenir du projet de passage du métro d’Alger par la place des Martyrs.

Toutes ces reliques découvertes depuis un mois, qui ont résisté au passage du temps et des hommes, seront préservées à l’endroit même où elles ont été trouvées ou acheminés vers des musées…

En attendant, les sondages continuent encore aujourd’hui pour s’achever demain. Et toutes les décisions qui ont trait à ces découvertes ne seront connues qu’après Ramadhan…

[ via ]
Par Fella Bouredji
El Moudjahid, publié le 03 Août 2009

Casbah d'Alger : Quand la citadelle sort de l’ombre !

# Administrateur | 06/07/2009 | Patrimoine

Bastion 23

Naissance du café littéraire Casbah : Quand la citadelle sort de l’ombre !

En prélude à l’inauguration du 2e Festival panafricain et en prolongement du Festival international de la littérature et du livre de jeunesse, l’Association des amis de la rampe Louni Arezki (ex-rampe Valée), avec la contribution de l’Entreprise nationale des arts graphiques (ENAG) et du Centre national de recherches anthropologiques, historiques et préhistoriques (CNRAPH), célébrera, jeudi, la naissance du café littéraire Casbah.


En la circonstance, le palais des Raïs - Bastion 23 – a connu une animation des grands jours avec une affluence nombreuse composée d’écrivains, d’historiens, dont Daho Derbal, Corinne Chevalier, Djamal Mati et du professeur émérite de la musique andalouse, Sid Ahmed Serri, de la talentueuse interprète Zakia Kara Terki, de la présidente de la fondation Abdelkrim Dali et autres. La primeur de cette première édition a été dédiée à la présentation de deux ouvrages de l’écrivain musicologue Abdelkader Bendamèche, consacrés à la vie et au parcours fécond de deux monuments emblématiques du patrimoine lyrique algérien et Boudali Safir, écrivain musicologue fondateur de la Radio algérienne et Hadj Abdelkrim Dali, grand maître, professeur émérite de renom de la musique andalouse. Une véritable mosaïque de poésies, de chansons, de courants musicaux ainsi exhumée de l’oubli a été magistralement projetée par l’auteur dans une remarquable intervention où d’immenses et illustres artistes ont été évoqués, à l’image des pionniers de la musique andalouse Edmond Yafil, cheikh Larbi Bensari, Dahmane Benachour, cheikh Nador, cheikh Hamada et bien d’autres. Dans une anthologie mémorielle, qui a suscité de fructueux et longs débats, Abdelkader Bendamèche a mis l’accent sur l’impérieuse nécessité de préserver le patrimoine immatériel qui est d’une importance majeure pour la pérennisation de la culture nationale.

Par ailleurs, le président de l’association, Aït Aoudia Lounis, a tenu à rappeler que parallèlement au plan de sauvegarde du bâti de La Casbah actuellement en cours d’exécution, un plan similaire doit être conçu pour la valorisation et la promotion du patrimoine immatériel à travers des actions culturelles de proximité, car La Casbah réhabilitée, restaurée, belle ne sera pas un musée, mais une cité vivante, la médina d’Alger habitée par sa population avec ses couleurs, ses joies, ses peines dans sa culture en mouvement dynamique intégrée au quotidien à travers le temps. Et d’ajouter : « Ainsi le café littéraire Casbah constituera un des premiers jalons de cette perspective salutaire pour enrichir le paysage livresque d’Alger et devenir pérenne et périodique avec des thématiques plurielles et diversifiées. » C’est autour d’une sympathique collation et d’une vente dédicace d’ouvrages, qui a connu un grand succès, que rendez-vous a été pris pour les prochaines éditions à la rentrée sociale. A noter que la salle de conférences s’est avérée exiguë pour la nombreuse assistance et que le café littéraire Casbah méritait de naître dans un des palais de Raïs, dont la symbolique a été d’ailleurs remarquée en première page du dépliant conçu comme l’a précisé le président de l’association, à l’effet de donner un impact à l’évènement.

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Par A. M.
El Watan, publié le 06 Juillet 2009

Histoire de l’Algérie : Dans la cité de Massinissa

# Administrateur | 06/06/2009 | Patrimoine

Histoire de l’Algérie

Dans la cité de Massinissa, l’archéologue A. Khelifa fait parler les monuments


cite de MassinissaL’association Khroub Ville-Santé a organisé au centre culturel M’Hamed Lyazid une rencontre culturelle sur le patrimoine au cours de laquelle ses animateurs ont invité le Pr. A. Khelifa, éminent chercheur en archéologie. Voir une association plutôt spécialisée dans la santé dans un créneau qui pourrait être aux antipodes de ses activités ? A. Aberkane donnera en préambule la réponse : « Il vous semblera sans doute étonnant qu’une association comme la nôtre fasse de la culture un appendice à ses activités.

C’est simple, il existe aussi une santé spirituelle et cela est quelque part son objectif.» Cette clarification faite, l’invité tiendra suspendue à ses lèvres une assistance littéralement harponnée par la qualité narrative de l’histoire de l’Algérie à travers les siècles accompagnée de diapositives. Une histoire du pays qu’il fera remonter à deux millions d’années, une telle certitude ayant été établie par la présence de vestiges (matériaux travaillés) par ce que l’historien qualifie « d’homo faber ». M. Khelifa fera parler tous les monuments œuvres de l’homme et ceux relevant de la nature même de la création du monde et dont l’Algérie peut s’enorgueillir, notamment dans le Grand Sud, faisant défiler les sites naturels connus et dont une bonne partie est classée parmi le patrimoine de l’humanité.Il est vrai que regardés de plus près et avec une forme de recul, les graffitis immortalisés sur les parois de murs, au flanc des montagnes et sur divers rochers, ont un trait tellement parfait parce qu’obéissant à une extraordinaire régularité pour ne pas dire une méticulosité dans l’exercice de leur façonnage qu’ils sont dignes des plus grands artistes de notre époque. Bien entendu, si nos lointains ancêtres s’exerçaient à projeter leurs sentiments du moment ou à vouloir laisser une trace de leur présence, il n’en est pas de même de nos contemporains dont les actes de déprédation ont souvent défiguré de tels messages au moment où les organismes pouvant ou devant agir ès qualités pour la protection de ce patrimoine ne se font, certes, pas remarquer par une débauche d’énergie intellectuelle ou par la mise en place d’une batterie de mesures pour la protection de tels lieux et des vestiges incommensurables qu’ils recèlent.

L’historien répétera sans désemparer que l’Algérie a une histoire et une histoire qui remonte à loin. Il dira que « l’Afrique du Nord était bel et bien habitée il y a des millions d’années et c’est à nous Algériens, Tunisiens, Libyens de l’écrire et non pas aux autres ».
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Par A. Lemili, correspondant à Constantine
La Tribune, publié le 06 Juin 2009

Algérie - journées d’étude sur la réhabilitation du vieux bâti

# Administrateur | 25/05/2009 | Patrimoine

L’option de la restauration en quête d’expertise fiable


Méthodes et techniques de réhabilitation du vieux bâti en débat

rehabilitation du vieux batiLe verdict des journées d’étude ouvertes hier matin sur la réhabilitation du vieux bâti sera connu aujourd’hui à l’issue de la réunion des experts et des autorités publiques. Les étrangers sont représentés par des Espagnols, dont le chargé de mission à l’ambassade à Alger, M. Sergio Bianco chargé également du volet programme patrimoine et le bureau d’études Rehabi Med, guidé par M. Xavier Casanova.

Deux journées d’étude sur la réhabilitation du secteur sauvegardé de Constantine sur le thème « méthodes et techniques de réhabilitation » se tiennent depuis hier à l’Assemblée populaire de la wilaya. La manifestation se veut particulièrement « journées d’expertises » en visant à mettre à nu les différentes opérations menées jusqu’ici en matière de restauration et du degré de réalisation auquel sont parvenus les différents bureaux d’études dégagés à cet effet.

La séance inaugurale s’est déroulée en présence du chef de l’exécutif, de Mme Sahraoui, architecte urbaniste et consultante auprès de la wilaya, d’universitaires, et de la société civile. « Ces journées s’inscrivent dans la continuité des séminaires enregistrés à l’échelle locale quant à cette opération pilote. Il faut faire des haltes, des expertises sur les réhabilitations, expertises allant de la gestion, l’encadrement, pilotage au cahier des charges », a d’emblée expliqué Mme Sahraoui qui se charge aussi du volet modernisation de la ville. M Boudiaf, wali de Constantine, a, quant à lui, abondé dans le même sens que son conseiller : « Nous sommes en phase d’essai, donc il importe de s’autocritiquer en vue de dégager d’autres processus aptes à mieux chapeauter l’œuvre », devait-il mentionner et d’ajouter : « Le dossier de la réhabilitation dépend en grande partie de la modernisation de la ville. Aujourd’hui nous avons sollicité tous les acteurs concernés pour arriver à une évaluation.» Parmi les locaux, il y a lieu de citer un bureau d’expertise et d’études espagnol « RehabiMed » (Réhabilitation méditerranéenne) représenté par l’expert Xavier Casanova. Prenant la parole, ce dernier, mettra en premier lieu la difficulté de l’opération de la réhabilitation en s’appuyant sur le modèle de Barcelone qui demeure toujours, selon lui, en chantier après 20 ans du démarrage du processus. « La complexité des anciens centres nécessitent autant d’attention et de professionnalisme », dira t-il. Sur un autre chapitre l’intervenant met en garde sur la préservation et l’amélioration du cadre de vie des citoyens. Autrement dit, on ne doit pas sentir des chantiers qui viennent chambouler le quotidien de la population.

Pour ce faire, M. Xavier insiste beaucoup plus sur la formation de maçons, d’architectes, c’est ce qui se fait d’ailleurs au sein de « RehabiMed ». Cette conception sera payante. «On a eu la chance d’être convoqué par l’Union européenne dans le contexte du processus de Barcelone. Notre vocation est méditerranéenne et nous travaillons dans 14 pays. Actuellement « RehabiMed » s’occupe de la réhabilitation de Djedda en Arabie saoudite et de l’ancienne cité de Jérusalem». Par ailleurs, il faut savoir que ce bureau d’études détient la « casquette d’expertise et de celle de travailler sur des sujets de réhabilitation ».

Désormais, il faut songer à professionnaliser la spécialité de réhabilitation. « Un architecte en béton ne pourra accomplir la restauration de monuments historiques ou autre patrimoine », éclairera M. Xavier avant de nous faire part de l’édition prochaine d’un guide Ville pour tous, une collaboration entre « RehabiMed et l’Unesco », lequel manuel traitera de « l’entame du processus de réhabilitation dans une ville ». La préservation du vieux bâti appelle «une spécialisation quasi certaine où le cadre de vie est trop pris en compte», réitère cet expert qui illumine le chapitre financier du vieux bâti en disant qu’« il devrait se tailler la part du lion, soit 60% du budget lui serait consacré, contre 40% seulement pour des nouvelles constructions ». Il faut souligner que la première journée d’étude a été destinée à « la stratégie de réhabilitation du secteur sauvegardé à partir de la rue Mellah Slimane », étant donné que c’est le cœur de la médina. Communication proposée par Mme Sahraoui qui a, en outre, exhumé l’entame de ce processus en passant par le Master plan élaboré par les Italiens. A ce sujet, elle reconnaîtra son utilité, notamment « méthodique », avec le recensement de plus de 270 cartes utiles pour la délimitation et la restauration de la vieille ville. Cette chronologie sera suivie par deux exposés, l’un se rapportant au « Plan permanent de sauvegarde de la vieille ville, démarche et objectifs » présenté par le bureau d’études Jennie Kribeche et l’autre, « méthodes d’élaboration d’étude de réhabilitation du bâti ancien en prenant l’exemple de la maison Kaid Errahba ». Une méthode pourrait voir le jour cet après-midi et servira d’atout aux bureaux d’études locaux en vue de booster… la réhabilitation parfois en souffrance faute de compétences spécialisées. RehabiMed en détiendrait-il la formule efficace ?

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Par Nasser Hannachi, correspondant à Constantine
La Tribune, publié le 24 Mai 2009

Algérie - Oran est un musée architectural unique au monde...

# Administrateur | 24/05/2009 | Patrimoine

Le directeur de l’Institut Cervantès affirme :


« Oran est un musée architectural unique au monde »

oran est un musée Un autre spécialiste, un Espagnol cette fois-ci, confirme que l’architecture urbaine de la ville d’Oran « présente une valeur patrimoniale mondiale » qu’il faut préserver à tout prix : « Oran est un musée architectural unique au monde, qui a été façonné par le passage de plusieurs civilisations », a assure Javier Galvàn, le chargé de l’assistance technique espagnole pour la réhabilitation du centre historique de la ville d’Oran, en mettant en avant « la qualité rare de la mosaïque urbaine actuelle ».
Ce spécialiste espagnol -par ailleurs directeur de l’Institut Cervantès organisateur de la cinquième édition du Festival de la culture espagnole à Oran- rappelle les différentes époques de l’histoire de la ville depuis sa création aux environs de l’année 903, pour souligner l’importante charge culturelle et historique que recèlent les nombreux monuments et constructions légués par les diverses civilisations qui s’y sont succédé.

La préservation de cette charge culturelle et historique est, par ailleurs, si importante qu’un projet pour la réhabilitation du vieil Oran, entrant dans le cadre d’un programme de coopération algéro-espagnole, est déjà en cours d’exécution. « C’est un premier pas dans la démarche d’intégration au patrimoine mondial », souligne M. Galvàn, qui ajoutera que la seconde étape consistera à mettre en relief les spécificités de ce patrimoine historique, l’originalité du style architectural des bâtisses et l’ingéniosité qui caractérise de nombreux réseaux défensifs, à l’image du fort espagnol de Santa-Cruz. « Ces remparts comportent, notamment, de nombreux tunnels ; ce qui révèle que tous les mouvements humains s’opéraient de l’intérieur » de la forteresse, souligne l’expert espagnol.

Sur un autre chapitre, le directeur de l’Institut Cervantès d’Oran indiquera que l’Etat espagnol encourage, désormais, la réhabilitation des immeubles à caractère historique par l’exonération fiscale au profit de leurs propriétaires, qui bénéficient, également, de prêts bancaires. Pourtant, ces dispositions juridiques, avoue M. Galvàn, ont coûté très cher au royaume espagnol puisque leur adoption est intervenue après la malheureuse démolition dans les années soixante de nombreux bâtiments et monument historiques.

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Par Samir Ould Ali, correspondant à Oran
La Tribune, publié le 24 Mai 2009

Le zoo du Jardin d'Essai d'Alger : Nouvelles de ses habitants

# Administrateur | 24/05/2009 | Patrimoine

> TENDANCES


Les stras du zoo


puce Natacha, l’ourse qui n’hiberne pas
Comme l’alligator, l’ours brun de 19 ans est une des stars du zoo. Quand elle ne se cache pas dans sa grotte, elle fait de la balançoire (qu’elle casse régulièrement), plonge dans son bassin ou s’amuse à effrayer les visiteurs en sortant brutalement du coin où elle se cachait. Comme il ne fait jamais trop froid, elle n’hiberne pas.

puce Sanga et Samaya, les tigres facétieux
Les deux tigres de 15 mois sont nés en Algérie et ont été donnés par le zoo d’Oran. Dans leur nouvelle cage où a été installé un bassin, ils s’éclatent. Leur activité favorite : y plonger et en sortir pour éclabousser au maximum les visiteurs.

puce L’alligator qui se chauffe aux infrarouges
Une petite île avec des papyrus et des palmiers spécialement orientée vers l’est pour qu’il puisse se réchauffer aux premiers rayons du soleil, un bassin agrandi, des lampes à infrarouge pour les jours où il fait gris, des rampes d’accès jusqu’à une terrasse : le jeune alligator du Hamma (environ 3 ans) sera amené à partager son enclos de luxe avec un autre congénère. Un tunnel avec du sable a été construit en prévision de la reproduction.

puce Une hyène rayée très sociable
Espèce algérienne longtemps chassée pour la sorcellerie, à l’inverse des autres hyènes, celle-ci vit solitaire et a très bon caractère. Dans son nouvel enclos, elle peut se cacher dans une grotte. Elle a été donnée il y a 5 ans par le zoo de Ouargla, mais on ne connaît pas son âge, tout comme Timo, le chacal doré, son voisin.

puce Richard le méchant
Même si Richard est le singe le plus agressif du zoo, le personnel a eu très peuri car le magot est passé d’un poil à côté de la mort. En se blessant, il a attrapé le tétanos. Aujourd’hui, il est complètement remis et son naturel est revenu au galop.

puce Franky, le ara qui imite les animaux du zoo
Si vous entendez un cri de singe dans la zone des oiseaux, il y a des chances que ce soit Franky, le ara chloroptère. En théorie, le perroquet qui « parle » le mieux. Mais plus exposé à la présence des autres animaux du zoo, il imite leurs cris comme personne.

puce Hector le condor, le doyen
Il aurait au moins 70 ans et se porte plutôt bien, mis à part une cataracte. En captivité, il pourrait vivre au moins 90 ans. Douché tous les jours, il raffole des têtes de mulet qu’il attaque toujours par les yeux.

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El Watan, publié le 22 Mai 2009

Alger : près de Tipasa : Le mausolée royal de Maurétanie

# Administrateur | 18/05/2009 | Patrimoine

Site historique très visité près de Tipasa : Le mausolée royal de Maurétanie prochainement érigé en parc culturel




Mausolee RoyalLe mausolée royal de Maurétanie, situé dans la commune de Sidi Rached (Tipasa), sera prochainement érigé en parc culturel, a indiqué à l’APS le directeur de la culture. Cette décision a été prise en application de la loi relative à l’indissociabilité des vestiges historiques de leur environnement naturel, a précisé M.Hocine Ambes. Situé à proximité d’un grand parc forestier sur un site féerique qui surplombe toute la plaine de la Mitidja, ce monument historique a été classé en 1982 par l’Unesco sur la liste du patrimoine universel.
Avec plus de 35.000 visiteurs en 2009, le mausolée royal de Maurétanie est le deuxième site de la wilaya de Tipasa le plus visité par les touristes qui viennent s’imprégner de l’histoire de ce monument.

En 2008, prés de 70.000 visiteurs composés de touristes, de délégations officielles étrangères et de groupes d’écoliers ont foulé le sol de ce deuxième site classé après le parc archéologique romain sur la liste du patrimoine de l’humanité, selon les responsables de l’Office de gestion des biens culturels (OGEBC).

Ce monument funéraire de "construction nord africaine", selon les spécialistes, appelé faussement "tombeau de la chrétienne" ou encore "Kbor Erroumia", visible à des kilomètres à la ronde, est situé sur les hauteurs de la commune de Sidi Rached que l’on peut apercevoir de plusieurs endroits de la wilaya à tel point que les gens de la mer l’utilisent comme point de repère.

Selon des historiens, c’est le Maréchal Clauzel, gouverneur général, accompagné de son secrétaire particulier Berbrugger qui ont découvert "une colline boisée de forme curieuse" et qui, au terme de visites fréquentes sur les lieux, ont pu déboiser l’endroit et enlever quelques pierres pour mettre au jour ce monument, le 20 octobre 1835.

Selon Mounir Bouchenaki, spécialiste algérien qui lui a consacré un livre dans les années 80, le tombeau est un monument africain qui aurait appartenu à une famille royale numide ou maure qui se serait faite enterrer "richement" en ce lieu.
La thèse jugée la "plus plausible" attribue cependant la construction du mausolée à Juba II et à sa femme Cléopâtre Séléné, fille de la célèbre Cléopâtre reine d’Egypte et épouse du triumvir Antoine.

Dans un souci de préserver le site, les responsables locaux avaient lancé en 2005 une opération de réhabilitation des lieux grâce à une enveloppe de 5 millions de dinars sur budget de wilaya qui a permis de nettoyer la foret qui jouxte le mausolée, réaliser le revêtement du parking, créer des allées de promenades et de restaurer une vieille bâtisse transformée en maison d’hôtes pour l’accueil des délégations.

Après l’opération de toilettage de la forêt, une aire de jeux pour les enfants, un terrain de sport et une piste pour les amateurs du jogging ont été réalisés sur le site.

Le mausolée royal de Maurétanie est également pris en charge dans le cadre d’une opération de mise en valeur et de protection des sites naturels initiée par le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et du Tourisme qui l’a intégré dans le projet d’aménagement de la réserve naturelle des anses de Kouali, menée en collaboration avec le Conservatoire français du littoral.

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El Moudjahid, publié le 18 Mai 2009

Algérie - Espaces perdus

# Administrateur | 12/05/2009 | Patrimoine

> DERNIERE


Espaces perdus


jardin dessaiLa récente réouverture au public, après de très longues années d’absence, du jardin d’Essai d’Alger, le formidable engouement qui a accompagné cet événement, montrent à quel point un tel espace de récréation, de loisirs et d’apprentissage est nécessaire à la capitale. Alger a vu disparaître, l’un après l’autre, ses sites emblématiques les plus fortement liés à ses activités ludiques et culturelles. Il en est ainsi des lieux privilégiés, proches de la Cinémathèque d’Alger, ou du Théâtre national algérien, où les artistes aimaient se retrouver dans un esprit de convivialité et d’échange d’idées souvent passionné. On peut en dire autant de la famille universitaire et estudiantine qui avait des espaces de référence. Ces endroits, que ne célèbre plus aujourd’hui une mémoire forcément nostalgique, ont disparu au profit du vide, véritable suicide symbolique qui bénéficie d’abord aux tenants de la régression. Le jardin d’Essais était fermé comme le sont désormais toutes les salles de cinéma, un nombre grandissant de librairies et les restaurants, cafés, ou pâtisseries peu ou prou liés à la sphère intellectuelle.

C’est ainsi que la capitale a été amputée de cette dynamique de la convivialité qui était une quasi seconde nature pour ses habitants lorsque les institutions culturelles jouaient leur rôle au point qu’il y avait foule à la salle des Actes de l’université d’Alger et que les débats à la Cinémathèque d’Alger se prolongeaient jusqu’à l’aube. Les livres, en dépit d’un pouvoir d’achat restreint, étaient disponibles en quantités telles que les Algériens les achetaient par couffins pleins. C’était le cas à Alger, mais aussi dans les villes de l’intérieur du pays. Cet appétit pour les choses de l’esprit, ce sens développé du beau ont été taillés par le surgissement, puis l’affirmation à la fin des années 1980, il y a si peu encore, d’un rigorisme qui a vite viré à l’intégrisme castrateur. Le cinéma, le théâtre, la musique, les arts plastiques ont été pratiquement proscrits de manifestation publique et leurs lieux fédérateurs assignés à d’autres vocations. C’est ainsi qu’on a vu, et qu’on continue de voir, des librairies associées à l’histoire même de la capitale transformées en pizzerias. Cette destruction systématique des repères qui forgent l’identité d’une ville autant que de sa population entraîne forcément des séquelles. La preuve en a été donnée au jardin d’Essais rouvert, où ont eu lieu des scènes de vandalisme effroyables qui ont vu des animaux molestés et des arbres dégradés.

L’attitude irrespectueuse d’une partie, certes minime, du public n’atteste pas seulement d’un déficit d’éducation et de civilité, elle traduit une posture d’autopunition, car en altérant ainsi le jardin d’Essais, c’est leur propre conscience sociale que les auteurs de tels actes atteignent. C’est un énorme travail de refondation qui attend les institutions compétentes de l’Etat et la société civile pour réintroduire dans l’espace public des habitudes aussi fortement normalisées ailleurs dans le monde que le fait de respecter les œuvres de l’esprit et de la nature, et de protéger la faune et la flore. Lorsqu’on en arrive à agresser des animaux, à piétiner des fleurs, c’est que la part d’humanité qui fait la citoyenneté s’est érodée en cours de chemin.

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Par Amine Lotfi
El Watan, publié le 12 Mai 2009

Algérie - Sauvegarde du patrimoine culturel à Biskra

# Administrateur | 09/05/2009 | Patrimoine

> REGIONS


Sauvegarde du patrimoine culturel à Biskra


sauvegarde du patrimoineFormation de 10 mois pour les acteurs du monde associatif


Financé par l’Union européenne, dans le cadre d’un projet d’appui aux associations algériennes de développement ONG II, la troisième session de formation des acteurs du monde associatif des secteurs touristique, artisanal, écologique et culturel, qui s’est tenue les 6, 7 et 8 mai à Djemorah, chef-lieu de daïra distant de Biskra de 40 km, a été consacrée à « La protection du patrimoine culturel immatériel (PCI) », à la manière de transformer ces biens, par définition impalpables, en produits attractifs pour les touristes et à la notion de « Fidélisation des visiteurs ».


Ce cycle de formation, étalé sur 10 mois, ayant pour finalité la création d’un réseau du tourisme oasien, rassemble les adhérents d’une quinzaine d’associations pour la promotion de l’Office du tourisme local et vise à « inculquer aux membres desdites associations, réunis autour d’un même projet, une nouvelle culture en matière d’approche du tourisme, participer à la revalorisation des potentialités régionales offertes dans le domaine touristique et susciter la production de richesses en s’appuyant sur les ressources locales », a expliqué N. Chelli, chef de ce projet-pilote, membre de l’association pour la promotion de l’Office local du tourisme d’El Kantara. Selon une définition de l’Unesco, le PCI est l’ensemble « des biens culturels intellectuels chargés de significations dans les domaines de l’Histoire, de l’ethnographie, de la sagesse populaire, des coutumes, des talents artistiques, des techniques, des arts et des sciences, transmis par des moyens traditionnels non matériels et qui sont l’expression manifeste du talent des peuples. Le patrimoine culturel immatériel comprend aussi la langue maternelle, la graphie et la culture associée, la littérature orale, les pratiques coutumières, représentations,expressions, connaissances et savoir-faire, ainsi que les instruments, objets et artefacts qui y sont rattachés ».
Cette notion est apparue en contrepoint du patrimoine mondial, essentiellement axé sur le caractère matériel de la culture. Sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité sont officiellement répertoriés, à titre d’exemple, le savoir-faire du travail du bois des Zafimaniry à Madagascar, la langue, la danse et la musique des Garifuna aux Belize, Guatemala, Honduras et Nicaragua, ou encore les géants et dragons processionnels de Belgique et de France et l’Ahellil du Gourara en Algérie. Vingt-six des éléments de cette liste appartiennent à l’Asie et au Pacifique, 20 à l’Europe, 19 à l’Amérique latine et aux Caraïbes, 18 à l’Afrique, 7 aux États arabes et 9 d’entre eux sont multinationaux. Apres avoir rappelé la teneur de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, document considéré comme le premier instrument normatif multilatéral pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel mondial, adoptée par l’ONU en 2003 lors de la 32e conférence générale et ratifiée par l’Algérie, Mohamed Hammouda, expert en développement durable, missionné par l’UE, a abordé le rôle « crucial » de la société civile et du mouvement associatif dans la préservation du patrimoine culturel matériel et immatériel.

[ source ]
Par Moussaoui Hafedh
El Watan, publié le 09 Mai 2009

Alger - le Jardin d'essai au 2em jour: le constat est accablant...

# Administrateur | 05/05/2009 | Patrimoine

Aux premiers jours de l’ouverture au public du jardin d’Essai


Attention, espace vert en danger !

jardin d'essai le 1er jourFermé depuis plus de 10 ans. En réhabilitation dès 2004. Des experts nationaux et internationaux y ont participé. Des sommes importantes dégagées. La visite officielle effectuée samedi par le président de la République pour officialiser sa réouverture témoigne de l’importance accordée au site. Il reste qu’au deuxième jour de l’ouverture au public, le constat est accablant. Manque d’agents de l’ordre, incivisme des visiteurs et l’insouciance des autres risque de donner un coup fatal à ce formidable espace de recherche et de savoir et, accessoirement, de détente. Si aucun effort supplémentaire n’est concédé, le formidable travail effectué pendant des années risque de partir rapidement en fumée. Il faut prendre en considération que le jardin d’Essais d’El Hamma est un espace à protéger avant que la détérioration ne soit irréversible.

[ source ]
Par Samir Azzoug
La Tribune, publié le 05 Mai 2009

Alger - Manque de civisme au jardin d'Essai après sa réouverture

# Administrateur | 04/05/2009 | Patrimoine

Manque de civisme au jardin d'Essai après sa réouverture



manque de civisme

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La Tribune, publié le 04 Mai 2009

Alger - Réouverture du Jardin d'essai du Hamma le 2 mai

# Administrateur | 03/05/2009 | Patrimoine

Bouteflika a procédé hier à la réouverture du jardin d’Essais


Un joyau à ciel ouvert

visite du jardinLe président de la République a procédé hier à la réouverture du jardin d’Essai. Il était environ 10 h 30 quand Abdelaziz Bouteflika a coupé le cordon à l’entrée, décrétant ainsi l’ouverture du parc, fermé officiellement au public depuis 2001. De la rue Mohamed Belouizdad, la vue d’ensemble est époustouflante. Digne des images que l’on se fait des jardins des cours royales d’antan. L’allée centrale du jardin français, bordée d’arbres et de gazon frais, parsemée de fleurs et embellie par des bassins munis de jets d’eau, menant tout droit vers la mer est un régale pour les yeux. Le chef de l’Etat semblait satisfait de la réhabilitation du jardin engagée en 2004. Après avoir fait le tour des jardins français et anglais, il a effectué une halte au niveau de l’école d’horticulture, dont les murs servaient il y a à peine quelques années d’asile aux familles sinistrées, où il a décerné des diplômes à cinq lauréats ayant fini leur formation.

« Il faut dispenser des formations sérieuses en botanique et aller vers la création de fleurs. N’oubliez pas que le Maroc exporte des roses », préconise le Président. Il inspectera plusieurs points, dont le carré des plantes utiles, où 250 à 300 espèces sont entretenues, la partie zoo, et celle des serres. Rappelons que la partie jardin du Hamma occupe 30 hectares sur 63. Le parc a connu une dégradation importante à partir de 1985. L’état des lieux effectué en 2001 est accablant : école d’horticulture, créée en 1918, dégradée, fermée et occupée par 4 familles, bâtiments en ruine et également occupés, locaux dévoyés de leurs activités, recensement inexploitable des végétaux, jardin zoologique détérioré et complètement vidé des ses occupants, inexploitation de réservoirs d’eau, absence de raccordement à l’énergie électrique, éclairage public défectueux. Dès 2005, des mesures immédiates ont été prises par la wilaya d’Alger. Ainsi, 42 familles ont été évacuées du site, 7 exploitants de locaux expulsés et la crèche installée à l’intérieur définitivement fermée. Pour le nettoyage du lieu, 250 agents sont intervenus pendant plus de 6 mois. 3 700 tonnes de gravats et autres détritus dégagés, 225 tonnes de végétaux, curage des bassins, assainissement des sous-bois sur 20 ha, débroussaillage et assainissement sylvicole pour plus de 150 arbres et remise à niveau de 60 regards. En matière de réhabilitation, il y a eu le confortement et l’aménagement de l’Ecole d’horticulture, de 5 villas, d’un laboratoire in vitro, d’une auberge, d’un chalet pour hôte, d’un salon d’honneur, de buvettes, de kiosques, ainsi que l’aménagement de la clôture. Pour ce qui concerne le jardin, la réhabilitation s’est manifestée à travers le revêtement de l’Allée périphérique (1, 5 km), la réfection du zoo (60 cages), la pose de 60 corbeilles et de 40 caissons sélectifs pour déchets ménagers, l’enlèvement de l’asphalte existant et le revêtement des différents allées en tufs (4 km), la pose de 254 bancs, la mise en place de plus de 3 km de clôture métallique, la pose de près de 8 000 m2 de gazon et la plantation de 45 000 plantes à fleurs ainsi que la réhabilitation de 6 statues, dont 3 signées par le sculpteur Gaudissar. En matière d’intervention des systèmes d’irrigation et de captage de source, signalons la rénovation de la totalité du réseau d’arrosage et d’irrigation (6 km), la réalisation d’un réseau de collecte des eaux pluviales sur 570 ML, la réhabilitation de 5 puits, le captage de la source Cherchar et la réhabilitation du réservoir de 1 000 m3. Actuellement, le jardin d’Essais, érigé en EPA par le décret exécutif n° 06-350 du 05 octobre 2006, dispose d’un conseil d’administration et d’un conseil scientifique. Ce dernier est composé de spécialistes en la matière, d’ONG, de l’Agence de la nature, de l’université et d’instituts agricoles et forestiers. Parmi les nouveaux équipements installés, on peut citer : une école d’initiation à l’environnement destinée aux enfants, un salon d’honneur, un espace de vente d’objets souvenirs, deux parkings de 265 places, une structure provisoire de la formation de jardiniers, une infirmerie vétérinaire. Par ailleurs, la révision du cadastre général permettra au jardin de passer de 30 à 60 ha, incluant la forêt de Cherchar, en voie de clôture, et la villa Abdelatif. Notons également la fin des travaux de réfection du Musée des beaux-arts et des grottes de Cervantès. Pour ce qui est des perspectives, il est prévu le lancement d’une étude pour faire un état des lieux des végétaux, la réalisation de nouvelles serres, le repeuplement des espèces végétales exotiques, la réorientation du jardin vers la mise en valeur et la préservation de la biodiversité, le développement de la flore algérienne, la conservation du jardin comme faisant partie du patrimoine national. Sont également prévus l’introduction d’un système d’information avec les établissements et centres spécialisés en Algérie et à l’étranger pour l’élaboration d’une banque de graines, de collections d’insectes et d’herbes, la conservation du jardin comme patrimoine mondial et son insertion au réseau international des jardins botaniques. Selon son directeur, le jardin d’Essais sera ouvert au public dès aujourd’hui. «On attend la confirmation pour l’ouverture», déclare-t-il. L’accès au parc est payant : 20 DA pour l’entrée et 10 DA pour le zoo.

[ source ]
Par Samir Azzoug
La Tribune, publié le 03 Mai 2009

L’avenir incertain des locaux des galeries algériennes

# Administrateur | 29/04/2009 | Patrimoine

Fermés, cédés à des particuliers, à des institutions publiques…


L’avenir incertain des locaux des galeries algériennes

Galeries algeriennesImmense clôture autour de l’ancien Monoprix de Belcourt, saccagé lors des événements du 5 octobre 1988. L’endroit change de destination, accueillant désormais la Banque extérieure d’Algérie (BEA). Les nouveaux locataires ne s’y sont pas encore installés mais l’écriteau vert annonce bien leur arrivée prochaine dans les lieux.

Nouveaux sièges pour la BEA
« Il n’y a plus de Monoprix. C’est devenu un siège de la BEA. Ils vont s’y installer prochainement. D’ailleurs, tout est réaménagé à l’intérieur comme à l’extérieur pour l’accueil de la nouvelle équipe », rapportent des habitants du quartier, non sans dire leur douleur de voir cet espace changer de main et de destination. « C’est vraiment une perte pour nous et pour toute l’Algérie. Toutes les Galeries et tous les Souks el fellah du pays ont disparu. Les nouvelles grandes surfaces ne les remplaceront pas, d’autant plus que les prix affichés sont de plus en plus élevés », lancent, dépités, deux hommes. L’emplacement de l’ancien Monoprix ne semble pas, pourtant, adapté aux besoins de l’entreprise financière. «Les travaux d’aménagement de la nouvelle banque sont terminés mais cette dernière n’ouvrira pas ses portes de sitôt. Ils sont en justice avec un autre partenaire qui prétend avoir des droits sur une partie de ces espaces. Il y a aussi le problème de l’arrêt des bus qui se trouve juste à la sortie de la banque mais aussi le marché de Laaquiba à quelques mètres seulement… Ce n’est pas du tout l’endroit adéquat pour une banque», soutiennent les deux hommes. Le même écriteau en vert à la rue Didouche Mourad interpelle le regard de ceux qui restent nostalgiques du Monoprix.

L’ancien local de la grande distribution des produits algériens cède la place à la BEA et tout est fin prêt, semble-t-il, pour l’inauguration de la nouvelle banque. « Ils vont bientôt l’inaugurer », indique un jeune, la vingtaine, surveillant les voitures qui stationnent dans un espace libre qu’il a transformé en parking, le sien, son gagne-pain. Le jeune ne se rappelle pas l’ancien Monoprix ni l’ancien Souk el fellah où il mène son activité de gardien de parking. Il pense, toutefois, qu’une bonne occasion de faire travailler les jeunes chômeurs du quartier se rapproche. « L’ancien Souk el fellah est fermé depuis presque six ans. Il est vendu à l’homme d’affaires Issaad Rebrab. On ne sait exactement ce qu’il va en faire mais une chose est sûre : c’est qu’il y aura du travail pour les jeunes chômeurs du quartier. Rebrab fait travailler les jeunes partout où il ouvre une entreprise », affirme le jeune, optimiste. Mis à part les déclarations du jeune homme, rien n’indique que l’ancien Souk el fellah est vendu, acheté… ou autre. Absolument rien qui renseigne sur son devenir ni sur son passé. L’endroit semble plutôt être complètement abandonné, depuis plusieurs années. Murs décrépis, salis, fenêtres défoncées, débris de verre… et odeurs nauséabondes. « Ils sont en justice avec la Sonelgaz qui réclame une partie des locaux », affirme un habitant du quartier. Il y a quelques années, souvenons-nous, d’anciens travailleurs de ce Souk el fellah, devenus des actionnaires, prétendaient travailler de façon que l’ancienne grande surface redevienne ce qu’elle était, promettant de s’engager corps et âme pour son développement. Pas de trace de ces hommes !

Une clôture pour cacher l’abandon
C’est presque le même constat dans le lieu abritant l’ancien Souk el fellah de Ruisseau. A quelque différence près. «C’était devenu un lieu de consommation de boissons alcoolisées et d’hébergement des délinquants. C’était insupportable. En tant qu’habitants du quartier, nous avons rédigé une pétition et interpellé les responsables de l’APC pour y mettre fin. Cette dernière a, donc, engagé des travaux de réfection de l’ancien local et l’a fermé», raconte un habitant. Qu’adviendra-t-il de cet espace ? «On n’en sait rien. Ils disent qu’il est vendu à un privé mais il n’y a rien d’officiel», poursuit notre interlocuteur. L’ancien Souk el fellah de Ruisseau, incendié lors des événements d’octobre 1988, est resté vacant depuis. Abandonné durant 21 ans ! Comme c’est le cas, d’ailleurs, pour d’autres locaux des anciens Souks el fellah et des Galeries algériennes à travers tout le pays.

Qu’attendent les pouvoirs publics pour les récupérer, sinon les transformer en espaces d’utilité publique ? « Les réhabiliter ? Je ne le pense pas. Les transformer ? Peut-être. Mais pas pour utilité publique. Ce genre d’espace est convoité par tout le monde », indique un autre habitant du quartier. Même situation, si ce n’est pire, à la rue Ben M’hidi (Alger-centre). L’ancien Monoprix « Bon Marché » est dans un abandon total. Immondices et mauvaises odeurs… Rien n’indique que cet endroit abritait l’ancienne grande surface. On penserait plutôt à un parking, ancien ou nouveau. Et, pourtant ! Rien que d’évoquer le nom… pour retomber dans une époque où « tout était bien. Bon !». « C’était la belle époque !», se souvient une habitante de la Grande Poste. Cette femme est d’autant plus bouleversée qu’à quelques mètres seulement de cet espace commercial, sur le même trottoir, se trouve le beau siège des anciennes Galeries algériennes. Une bâtisse de trois étages qui se distingue par son bois et son style architectural. La bâtisse est transformée en musée d’art mais perd sa magnificence. C’est, du moins, l’impression qui se dégage des premiers pas à l’intérieur. « Je suis déçue. Très déçue par ce qu’ils ont fait. Je ne reconnais pas cet endroit que j’ai tellement aimé et admiré… Ou est passé le bois ? Pourquoi l’ont-ils peint en blanc ? Et qu’est-ce que c’est que ces tableaux collés aux murs ? C’est cela Alger ? », demande, furieusement, la dame. D’autres citoyens émettent le même jugement et s’interrogent, notamment, sur l’absence du bois dans l’actuel musée. « Nous ne comprenons pas pourquoi ils ont tout peint en blanc. C’est ce bois-là qui faisait tout le charme des anciennes Galeries.» Beaucoup parmi les visiteurs du nouveau musée ne pensent pas y retourner tellement leur déception est grande.

La faculté de médecine en chantier
A Ben Aknoun, l’ancien Monoprix est complètement inaccessible aux citoyens. C’est fermé de partout. Il n’y a aucune entrée. « Le Monoprix est fermé depuis dix ans. L’entreprise a déclaré faillite », répond un habitant des Asphodèles à une ancienne étudiante qui avait l’habitude de s’y rendre pour ses achats quotidiens. « Ils disent qu’il est vendu à un privé mais on ne sait qui est cet homme ni ce qu’il va en faire », affirme l’homme qui doute de la conclusion d’une quelconque affaire avec un privé. « C’est un espace que se disputent de nombreuses personnes », dit-il. Et cet homme d’exprimer son étonnement de voir l’ancien local aménagé pour l’accueil des jeunes chômeurs : « Pensez-vous donc aux 100 locaux commerciaux promis aux jeunes chômeurs ? Détrompez-vous ! Cela ne sera jamais aménagé pour eux. Il est trop important pour être cédé à n’importe quelle personne et à n’importe quel prix.» L’homme rappelle que l’ancien Monoprix était promis une extension du cimetière mais cela n’a pas eu lieu : « Les habitants de Ben Aknoun n’ont pas insisté sur le maintien du projet… comme s’ils ne mourront pas un jour ! ». Et son ami d’évoquer le projet de réalisation de logements sociaux pour les habitants de la même commune à l’endroit qui abritait l’ancien Souk el fellah de Châteauneuf : « Ils ont prévu la réalisation de logements sociaux pour les habitants de la commune mais ces derniers ont vite déchanté par l’annonce de la réalisation d’un autre projet dit d’utilité publique ». En quoi consiste ce projet ? Il s’agit d’une faculté de médecine de 10 000 places pédagogiques. Le chantier, d’une durée de 30 mois, a été lancé depuis 6 mois. Les employés de l’entreprise Cosider sont à pied d’œuvre pour le mener à terme dans les meilleurs délais et conditions. Réussiront-ils à relever le défi ? Les jours à venir nous le diront.

A Garidi II, des travailleurs continuent de faire de la résistance pour la sauvegarde de l’ancien Souk el fellah qui a fait l’objet d’actes de vol et d’escroquerie. Le prétendu acquéreur de l’ancienne grande surface serait en prison ou en fuite. L’avenir des anciens travailleurs, devenus actionnaires, demeure incertain. « Nous finirons par faire entendre nos voix… » lancent, sur un ton ferme, deux vendeurs.

[ source ]
Par Karima Mokrani
La Tribune, publié le 29 Avril 2009

Les anciens locaux des ex-Galeries algériennes d’Oran

# Administrateur | 29/04/2009 | Patrimoine

Les anciens locaux des ex-Galeries algériennes d’Oran sont rarement utilisés à bon escient


Petites récupérations et grand bradage

Une décennie après la remise des titres de cession aux travailleurs, peu de locaux des ex-Galeries algériennes d’Oran ont été récupérés pour une utilisation intelligente et dans l’intérêt de la communauté. La grande majorité des Aswaks el fellah ont été cédés à des entreprises privées et seules quelques Galeries ont été récupérées et confiées à des structures publiques. Il y a quelques années, l’unité Ifri, située sur le boulevard Emir Abdelkader, avait été transférée à l’APC d’Oran, le dépôt régional d’Eckmühl à une structure des PME/PMI, et une partie du siège de la direction régionale de l’EDGO, dans le quartier de Boulanger, transférée à la direction de la jeunesse et des sports. Aujourd’hui, le secteur de l’artisanat a bénéficié des locaux de l’ex-Printania, situé sur l’avenue Larbi Ben M’hidi. Depuis seulement quelques mois, soit en novembre dernier à l’occasion de la Journée nationale de l’artisanat, le centre de
facilitation de la PME/PMI s’est installé dans ce nouveau siège et différents artisans exposent leurs produits (poterie, vannerie, couture, céramique…) dans les boutiques aménagées à cet effet. Sans susciter encore le moindre engouement au sein de la population oranaise, l’espace n’en n’offre pas moins un cadre de création que les artisans ont longtemps recherché.

Moins bien loti, l’ex-Prisunic, situé à l’intersection du boulevard de la Soummam et de l’avenue Emir Abdelkader, est un chantier délaissé. Depuis que cette imposante structure (deux niveaux pour une superficie estimée à 720 mètres carrés) a été transférée au patrimoine de l’APC d’Oran et que décision a été prise de la convertir en une maison de la culture comprenant un musée d’art moderne, un musée de cartographie, un centre de recherche et de documentation théâtrale, l’ex-Prisunic fait l’objet d’actes de pillage et de déprédation sans que des mesures soient prises pour y mettre fin. Hormis ces anciennes Galeries, toutes les autres sont tombées entre les mains du secteur privé par des procédés plus ou moins douteux, selon une source proche de l’ancienne EDGO et qui avait assisté à toutes les phases par lesquelles la liquidation est passée : « Tous ces opérateurs privés activent dans l’illégalité, affirme-t-elle. En apparence, ils possèdent un registre du commerce, né de la signature de contrats notariés avec les sociétés des travailleurs. Mais en réalité, ces contrats sont illégaux, les travailleurs n’ayant pas le droit de vendre ce qui ne leur appartient pas.» Et de citer les ex-Galeries de la Cité Petit, quartier situé dans l’ouest de la ville, qui, après avoir été attribuées à un collectif des travailleurs, ont été purement et simplement cédées à l’entreprise de commercialisation d’eau minérale Sidi Kebir ; celles de Haï Zitoune qui se retrouvent occupées par une entreprise privée, la Sarl Mateg Sol ; les ex-Galeries de Aïn Turck qui, exploitées par le groupe Khaouadja sous la dénomination Azur Market, et l’unité d’Es Sénia qui sert de locaux à la société de café Boukhari, après avoir été louées à une compagnie française censée importer et, plus tard, produire des médicaments.

Cette situation n’a pas empêché le liquidateur de déclarer l’opération de liquidation achevée et de clore le dossier, le 15 octobre 2005 : « L’Etat devrait se pencher sur ce dossier et dépêcher une commission d’enquête », estime encore notre source qui affirme que, si de sérieuses investigations sont menées, la commission se rendrait vite compte que la réalité est différente des affirmations officielles et que la liquidation des entreprises publiques a été un énorme gâchis.

[ source ]
Par Samir Ould Ali , correspondant à Oran
La Tribune, publié le 29 Avril 2009

Algérie - Première journée du mois du patrimoine

# Administrateur | 19/04/2009 | Patrimoine

Première journée du Mois du patrimoine qui se poursuivra jusqu’au 18 mai prochain


Sécurisation et protection des biens culturels à l’ordre du jour

le mois du patrimoine« Maintenant que l’Algérie en a fini avec le terrorisme, elle doit impérativement se concentrer sur la préservation de son patrimoine, délaissé pendant longtemps, particulièrement durant les années 90 où il y a eu un grand nombre de vols de biens culturels notamment dans le nord-ouest du pays.» C’est la déclaration ferme et tranchante faite hier par la ministre de la Culture, Khalida Toumi, lors de la première journée du Mois du patrimoine qui se tiendra comme chaque année du 18 avril au 18 mai. Une première journée marquée par une volonté affichée d’agir pour la protection des biens culturels. Inscrit sous le thème de « Patrimoine culturel et sécurisation », le Mois du patrimoine 2009 s’est ouvert donc hier en présence de la première responsable du secteur mais aussi de plusieurs autres acteurs impliqués dans la protection des objets d’art et des objets archéologiques, tels que la Gendarmerie nationale, la DGSN, et les services des douanes, que recèle l’Algérie. Dans son discours inaugural, Khalida Toumi a précisé que le choix de célébrer cette manifestation, cette année, sous le libellé « Patrimoine et sécurisation » s’est fait selon l’exigence de deux objectifs. D’abord pour « saluer les réalisations accomplies par l’Etat dans le domaine de la lutte contre les atteintes, les préjudices et les dommages causés aux biens culturels de la nation », ensuite pour «exprimer une gratitude aux tenants des premières lignes de défense de notre patrimoine culturel».

À l’unanimité, les intervenants se sont accordés à dire hier que beaucoup d’avancées ont été accomplies dans la protection du patrimoine ces dernières années. Pour en témoigner, la ministre de la Culture reviendra une décennie en arrière pour rappeler les grandes pertes connues dans ce domaine : le vol de 50 000 pièces de bronze à Souk Ahras en 1994, le vol du masque de Gorgone de Annaba en 1996, une sculpture de 400 kilos, mais encore le vol de 9 têtes en marbre du musée de Skikda, toujours en 1996, dont celle de Marcus Aurélius, récupérée l’année dernière. La ministre citera d’autres usurpations en précisant que tous ces vols ont la particularité de se concentrer dans la partie nord-ouest du pays, région prolifique pour les trafiquants des objets archéologiques et des objets d’art. Pour contrer ce phénomène, la même source parlera de la nécessité d’adopter une coordination intelligente entre les différents acteurs concernés par ce problème.

[ source ]
Par Fella Bouredji
La Tribune, publié le 19 Avril 2009

Algérie - Chréa représente 25% du patrimoine national

# Administrateur | 18/03/2009 | Patrimoine

> ENVIRONNEMENT

Parc de Chrea

Dahel ramdane. Directeur du Parc national de Chréa


Chréa représente 25% du patrimoine national


Amoureux de la nature et conscient de l’importance sociale que joue le Parc national de Chréa, Dahel Ramdane en appelle à la bonne volonté de tous.



puce Quelle superficie occupe le parc de Chréa ?
puce Le Parc national se situe à 50 km au sud-ouest d’Alger, il s’étend sur une superficie de 26 587 ha le long des hauteurs centrales de l’Atlas blidéen. Il regroupe d’est en ouest les monts de Hammam Melouane, les monts de Chréa et les monts de Tamesguida. Il culmine à 1625 m d’altitude et domine, vers le nord, tout l’avant-pays tello-central marqué par le bassin mitidjien. Il forme à ce niveau un territoire montagneux long de 39 km, large de 1 à 13 km et constitue un carrefour biogéographique où coévoluent de nombreux facteurs physiques et climatiques. Le Parc national de Chréa est entouré d’une zone périphérique d’une étendue de 10 400 ha. Sur le plan administratif, il chevauche entre les wilayas de Blida, Médéa et Aïn Defla.

puce De quelles espèces végétales et animales est-il composé (les plus importantes) ?
puce Le Parc national de Chréa constitue l’échantillon spatial le plus riche sur le plan biologique et le plus représentatif du fonds naturel de l’Atlas blidéen. Il regroupe un patrimoine naturel évalué à ce jour à 1408 espèces vivantes, dont 844 végétales et 564 animales. Sur le plan végétal, il est composé de 88 familles botaniques réparties en 60 aires biogéographiques dont les plus importantes sont méditerranéennes. On en trouve des espèces rares, rarissimes, des espèces endémiques et aussi des espèces menacées de disparition. La richesse floristique du Parc national de Chréa représente 25% de la richesse floristique nationale. La caractéristique floristique est la présence du cèdre de l’Atlas (cedrus atlantica) qui est comme vous le savez endémique à l’Afrique du Nord. Sur le plan faunistique, il compte plusieurs espèces de mammifères, d’insectes, d’oiseaux, d’invertébrés et de poisson. Le patrimoine faunistique du parc national de Chréa représente 20% de la richesse faunistique nationale. Ce qui caractérise la faune au parc national de Chréa, c’est la présence d’importantes populations de singes magots (macaca sylvanus). Cette espèce, elle aussi endémique à l’Afrique du Nord, trouve à l’intérieur du parc les conditions de vie, d’évolution et de prolifération toutes naturelles.

puce Parlons du cèdre, quelle est sa superficie ?
puce Le cèdre occupe les crêtes les plus élevées des monts de Chréa, il forme, en cette tranche altitudinale de 1200/1600 m, une cédraie couvrant d’un seul tenant une superficie globale de 1200 ha, répartie presque équitablement entre l’adret et l’ubac de cette chaîne de montagnes. La cédraie domine vers le nord tout l’avant-pays central algéro-mitidjien et découvre vers le sud l’arrière-pays sauvage du parc national de Chréa et en profondeur continentale les hautes plaines du Titteri. Vue du ciel, elle forme un peuplement dense très fermé qui semble régner en maître dans cette partie montagneuse de l’Atlas blidéen et dans laquelle, visiblement, il rayonne de vie et d’évolution et se maintient depuis des lustres dans les conditions spontanées et toutes naturelles. En le contemplant, on ne peut s’empêcher d’apercevoir en lui le témoin séculaire de l’histoire écologique des lieux et qu’il doit forcément conserver, se dit-on, dans ses entrailles les éléments révélateurs d’une existence endémique jadis plus prospère, si nous, humains, ne l’avions peut-être dégradée.

puce Quelle valeur le cèdre de Chréa a-t-il et que faut-il faire pour le préserver ?
puce Le cèdre de l’Atlas est d’abord l’espèce par excellence qui valorise les zones de hautes montagnes de la chaîne atlasique. Il se déploie avec une élégance naturelle telle qu’il procure aux lieux un standing de haute valeur bioécologique et sociale qu’aucune autre espèce ne saurait apporter. A Chréa, il assure une consistance écologique très forte qui lui assure une place déterminante dans le développement de la région. Le cèdre est par ailleurs l’espèce mobilisatrice d’énormes quantités d’eau. Elle est naturellement dotée de toutes les conditions morphoécologiques pour supporter remarquablement les vicissitudes climatiques rigoureuses de haute montagne et accomplir un rôle de mobilisateur de ressources hydriques et de pourvoyeur d’eau à sa région environnante. La cédraie de Chréa retient dans ce sens sur ses rameaux et branchages des quantités incommensurables de neige durant toute la période d’enneigement et œuvre par la suite à sa fonte douce et lente qui permet à l’eau d’éviter les ruissellements de surface et d’aller s’infiltrer à l’intérieur du sol pour finir par gravité dans les ouvrages hydrauliques de stockage d’eau potable aux contrebas des monts de Chréa et enfin ressourcer les niveaux piézométriques de la nappe phréatique mitidjienne. Ainsi donc, la cédraie devient un grand château d’eau naturel qui participe au développement économique et social de son environnement régional. La cédraie de Chréa justifie aussi une fonction touristique et sociale de très haute importance. Elle attire annuellement plus de 1,5 million de visiteurs par an. Ce chiffre représente la frange sociale de la population algérienne qui choisit de profiter des bienfaits de cette cédraie. Elle y trouve, en effet, les conditions de détente, d’évasion, d’isolement et de décompression en haute montagne. Ce lieu est devenu, de par ses atouts écotouristiques, un lieu de santé publique offrant à la population algérienne, désireuse des bienfaits de la nature, les conditions de déstressement et de ressourcement de haute montagne. Il s’est imposé, par ailleurs, dans la carte territoriale des infrastructures touristiques comme station d’hiver et d’été offrant au public les conditions de délassement écotouristique de montagne. Sur le plan paysager, la cédraie de Chréa offre sans nul doute le décor naturel des plus féeriques. Ce décor varie selon les saisons. Il change de robes et de parures de l’hiver à l’automne. En hiver, il se drape d’un manteau blanc recouvrant toute la superficie de la cédraie, il lui donne l’aspect des hautes montagnes enneigées tant recherché par le public où il renoue avec la neige et s’y dépense en amis et familles. Au printemps, la cédraie foisonne de couleurs, de parfums et d’innombrables insectes et papillons, elle est parsemée de tulipes, pensées et autres œillets, elle devient en cette saison l’éden des oiseaux et de nombreux insectes. En été, la fraîcheur des lieux attire les amoureux de la nature venant rechercher dans ces paisibles endroits, et tournant le dos aux plages et à la mer, l’exaltation et le charme exquis des sommets. Et en automne, le cèdre est toujours là vert, prêt toujours à traverser les siècles et les saisons. Compte tenu de toutes ces considérations qui en somme justifient un intérêt public de haute importance, il y va de tout un chacun de veiller à la pérennité de cette espèce qui de surcroît est endémique à l’Afrique du Nord. La Direction générale des forêts est au faît de cette préoccupation à travers la stratégie de conservation et de préservation des patrimoines naturels dans laquelle les parcs nationaux, détenteurs de cette espèce, sont investis concrètement sur le terrain par l’application d’actions spécifiques définies dans les plans de gestion.

puce Quelles sont vos recommandations et quel message aimeriez-vous faire passer ?
puce Je crois que dans tous les pays du monde, il y a des endroits qui, en raison de leurs atouts naturels et des bienfaits publics qu’ils procurent, deviennent des lieux d’exception à intérêt général. Préserver durablement ces lieux est pour le moins l’affaire de tous. Le rôle que joue le Parc national de Chréa dans le développement de sa région est hautement important. Sa cédraie attire un public considérable que l’on souhaite coopératif dans le processus de préservation de ce peuplement par des comportements respectueux de la nature et des écogestes très simples, tels que par exemple ne pas laisser derrière soi ses restes domestiques, être attentif aux conduites à tenir dans un milieu protégé et profiter pleinement de la nature sans toucher aux patrimoines naturels ni perturber les ressources qu’ils recèlent. La quête de comportements prometteurs de la prospérité environnementale doit ambitionner toute société soucieuse de son environnement.

[ source ]
Par Zineb A. Maiche
El Watan, publié le 18 Mars 2009

Algérie-Tébessa : Des découvertes archéologiques à la pelle

# Administrateur | 21/01/2009 | Patrimoine

> MAGAZINE

Des découvertes à la pelle
découvertes

Fréquemment, des paysans, des randonneurs et de simples curieux viennent faire part de découvertes de ce qui pourrait être des pièces archéologiques.


Tel un iceberg, ce qui est enfoui pourrait être plus important de ce qu’on voit à Tébessa. Une série de silos souterrains, datant de la période romaine, vient d’être découverte au lieudit Tazbent, commune de Bir Mokadem. Ces silos sont reliés l’un à l’autre sur une longueur de 2 km et traversés par un petit passage ; ils auraient été utilisés lors de l’époque romaine comme lieu de stockage de céréales. La direction de la culture a informé sa tutelle pour l’envoi sur les lieux d’une équipe d’archéologues, afin d’entamer des fouilles et de déterminer la période exacte de la construction de ces silos souterrains en pierres. Il semblerait, selon la direction de la culture de la wilaya, que ces silos auraient été déjà utilisés durant la guerre de Libération nationale par les moudjahidine, en tant que caches d’armes et de dortoirs pour les djounoud. Plusieurs autres découvertes avaient eu lieu ces deux dernières années.

Un cimetière romain d’une dizaine de tombes a été découvert à Stah Guentis à 120 km du chef-lieu et trois citadelles à El Meridj (à 50 km au nord-est du chef-lieu). Ces dernières auraient servi de poste de surveillance et de contrôle des troupes romaines venant de Carthage pour aller à Lambésus (Lambèse), via Tébessa. Par ailleurs, la wilaya de Tébessa a bénéficié d’un projet de réalisation d’un musée régional archéologique pour une enveloppe de 50 millions de dinars, a-t-on appris auprès de la direction de la culture. L’infrastructure en question s’étend sur une superficie totale de 4227 m2, dont 1 872 bâtis, et permettra de mettre en valeur diverses pièces archéologiques et autres objets allant de l’ère romaine à la civilisation musulmane, en passant par les époques byzantine et vandale. Le chef-lieu dispose également d’un autre musée communal d’archéologie contenant des pièces archéologiques, des ustensiles en poterie utilisés par les anciens habitants de la région.
[ source ]
Par Lakehal samir, Nouri Nesrouche
El Watan, publié le 22 Janvier 2009

Algérie - Sauvegarder le patrimoine historique à Bouira

# Administrateur | 11/01/2009 | Patrimoine

> CULTURE

Sauvegarder le patrimoine historique à Bouira


Fort Turc de BouiraLe Fort turc sera érigé en musée régional

Le Fort turc de Bouira, ou comme on l’appelle communément Bordj Hamza, sis au chef-lieu de la commune de Bouira, sera érigé officiellement en musée régional, apprend-on auprès de la direction de la culture de la wilaya.


Le site fut construit à l’époque du Berlebey Hassan Corso, entre 1540 et 1541, à l’époque Ottomane. Le monument dont il ne subsiste actuellement que les vestiges, s’étend sur une superficie de 1674 m2, épousant la forme d’une étoile à huit côtés. Il est composé aussi d’un seul niveau. La hauteur du mur extérieur est d’environ 12 m. Ce monument historique est actuellement dans un état de dégradation à cause de la destruction de la plupart de ses compartiments à l’architecture militaire turque. Afin de préserver cet héritage, nous apprenons que des études et des travaux d’urgence ont été lancés par les services de la direction de la culture de Bouira. Notons que le Fort turc recèle un patrimoine archéologique et historique d’une grande importance. Sur ce, un projet de restauration du site avait été octroyé pour une enveloppe financière de trois milliards de centimes, comprenant les études et la restauration.

Selon le chargé du service patrimoine, Moulhim Fella, l’étude englobe quatre phases. Il s’agit d’abord de lancer quelques opérations de nettoyage, et de construire une clôture pour la préservation du site. Rappelons par ailleurs qu’il avait fallu le déplacement en France de certains cadres du secteur pour enfin pouvoir s’approprier de la documentation et des plans du site, ayant permis de mener une recherche historique très approfondie à même de remettre le site dans son contexte historique d’antan. Ainsi, il est attendu que le Fort turc de Bouira retrouve sa forme et sa splendeur d’autrefois. Car, l’opération de sa restauration consiste en un réaménagement du site selon les paramètres d’usage en la matière et afin qu’il puisse être utilisé en tant que musée régional pour la wilaya de Bouira. D’autre part, six autres sites historiques seront classés comme patrimoine national, apprend-on auprès de la même source. Il s’agit du site de Tachachith, sis dans la localité d’El Adjiba, le Bordj de Béni Mansour, la mosquée de Ouled Brahim dans la commune de M’Chedallah, un autre site à Bordj Okhris et l’église chrétienne du centre-ville de Bouira abritant actuellement l’institut régional de musique. Nos sources affirment par ailleurs, que d’autres études du genre seront lancées, notamment pour la restauration de l’ex-caserne de Sour El Ghozlane.
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Par Amar Fedjkhi
El Watan, édition du 11 Janvier 2009

La Cinémathèque Algérienne : Ecrans en chantier

# Administrateur | 22/11/2008 | Patrimoine

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Cinémathèque. Quelques nouvelles ...


Ecrans en chantier

La Cinémathèque Algérienne parviendra-t-elle à retrouver son statut et sa richesse ?


cinemathequeLa salle de répertoire de la rue Larbi Ben M’hidi étant indisponible, la direction de la Cinémathèque algérienne investit les initiatives extra-muros, souhaitant ne pas se couper des publics ni laisser en jachères son fonds considérable de films. Ainsi, en partenariat avec la filmathèque Mohamed Zinet de l’Office Riadh El Feth, dirigée par Llyazid Khodja, ancien de la Cinémathèque, elle a créé les « Mercredis de la Cinémathèque ». Ce rendez-vous hebdomadaire, fixé à 18 h, présentera des œuvres du répertoire cinémathographique national et international. Il a été inauguré hier avec la projection du film culte sur le premier Festival panafricain d’Alger, du réalisateur Wiliam Klein, une œuvre documentaire riche en images et en témoignages sur l’extraordinaire rencontre de 1969. On y voit des scènes qui paraissent aujourd’hui relever du fantastique, tant l’Algérie et le monde ont changé.

Le programme « Les Mercredis de la cinémathèque » se poursuivra jusqu’à la rénovation complète de la salle centrale de la Cinémathèque algérienne. Selon Ahmed Benkamla, nouveau directeur de cette institution, la commission interministérielle des marchés devait, cette semaine, approuver le cahier des charges, ce qui permettrait d’engager aussitôt la publication de l’avis d’appel d’offres national et la sélection des entreprises. « Il est prévu une mise à niveau générale, précise-t-il, qui concerne aussi bien la salle, mais aussi les équipements qui seront amenés aux meilleurs normes d’accueil et de technologie ». Si le calendrier ne connaît aucun retard, la Cinémathèque devrait être prête pour le deuxième Festival panafricain d’Alger en juillet prochain et accueillir la rétrospective du cinéma africain, qui devrait se tenir à cette occasion.

Parallèlement, la salle de Béjaïa atteint sa phase finale de travaux. Les cinéphiles de la place Gueydon pourront enfin renouer avec leur passion au début de l’année 2009 dans des conditions de projection dignes d’une salle de cinéma. Après la rénovation de la salle de Sidi Bel Abbès, qui a enchanté les amis du septième art, on apprend que la justice a tranché définitivement en faveur de la Cinémathèque pour la récupération du fameux cinéma Cirta de Constantine, convoité par d’autres postulants. Mais la nouvelle la plus importante sans doute consiste dans l’opération en cours qui était attendue depuis longtemps par les professionnels et les amoureux du cinéma. Il s’agit de la centralisation de l’ensemble des copies éparpillées à travers l’ensemble du réseau de salles dans des conditions souvent épouvantables. Ce sont environ 10 000 films, parfois uniques au monde, qui constituent un véritable trésor patrimonial qui sera conservé en « un lieu sécurisé et adapté ». L’opération que l’on annonce comme imminente va permettre de réalser enfin un inventaire prècis de ce patrimoine. De même ; il est prévu l’introduction de nouvelles technologies : gestion informatisée du fonds, numérisation, transmissions par Internet.... La Cinémathèque pourra alors prévaloir de son statut aujourd’hui indu de musée du cinéma. Il reste que les moyens, indispensables, ne peuvent suffire à sa véritable renaissance. Une vision culturelle précise de la programmation devra donner des références à l’action de cette institution dans les années à venir.

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Par A. Z.
El Watan, édition du 20 Novembre 2008

Musique andalouse-Quelle formation ? : Le luth des classes

# Administrateur | 18/10/2008 | Patrimoine

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Musique andalouseMusique andalouse-Quelle formation ? : Le luth des classes

Plongée instructive dans l’univers d’un patrimoine aujourd’hui menacé aussi par des méthodes d’enseignement archaïques. Dans l’Andalousie, il existait 24 noubas, une pour chaque heure du jour ! Cela laisse volontiers croire que les gens, du moins les princes et notables, vivaient à leur rythme. Imaginez un peu… comment nous sont-elles parvenues ? Si les poésies ont traversé le temps par le biais de l’écriture, qu’en est-il des mélodies ?


A Cordoue, Ziryab a codifié cette musique. « Ce n’est pas un patrimoine révélé d’un seul coup, comme s’il était tombé en entier et le même jour sur Ziryab. Ce sont des générations qui l’ont mis en place par des évolutions successives, des hésitations, des recherches », affirme Nourredine Saoudi, anthropologue et musicien. Essentiellement mélodique et modale, la musique andalouse s’est maintenue grâce à la transmission orale. En Algérie, les trois grandes écoles (Alger, Constantine, Tlemcen), au-delà de leurs différences, se rejoignent sur la méthode de transmission, immuable depuis des siècles : le maître interprète, l’élève reprend. Cela semble si simple et, en même temps, si compliqué.

Mais que faut-il pour « produire » un bon élève et plus tard un cheikh ? Et sur quels critères ? Hyper-sensibilité de l’ouïe, doigté, mémoire, amour de la musique ? Difficile de trouver tout en un ! Et pourtant, chaque génération à eu ses étoiles. Dans les trois écoles, la nouba correspond à une composition instrumentale et vocale qui se déroule selon un ordre établi et des règles rythmiques et modales déterminées. Elle est construite sur un mode (tab’ ou tempérament) précis duquel elle tire son nom. Les différents mouvements qui la composent sont le m’cedder, le b’tayhi, le derdj, l’insiraf et le khlass, sans compter la daïra, le mestekhber sanaâ (prélude instrumental algérois) et la m’shalia (idem à Tlemcen). Pour chaque mouvement, plusieurs poésies à thème différents peuvent être chantées.
Une nouba comporte donc plusieurs m’cedders, plusieurs b’tayhis, etc. Parfois, certaines poésies se retrouvent dans différentes noubas, épousant alors une autre mélodie. Un initié s’y retrouve vite, comme s’il disposait d’un code secret transmis magiquement… Mais de quels outils d’apprentissage disposent les élèves, puisqu’il n’existe pas de partitions ? Les textes sont-ils codés pour aider à la mémorisation des mélodies ? Tout le patrimoine est-il réellement répertorié ? Selon les experts, il semble que oui. Mais est-il à la disposition des élèves ? Quelle est la progression de l’enseignement dispensé dans les conservatoires et associations ? Existe-t-il un programme conçu par ce qui pourrait être le « conseil des professeurs de conservatoires », un « conseil des maîtres des associations » ou les deux réunis ? Les conservatoires travaillent-ils en symbiose sur un programme commun ? Enseigne-t-on la musique en même temps que son histoire
?
Les conservatoires de musique sont peu nombreux. Ces établissements, ô combien importants, sont dirigés par des personnes formidables qui travaillent dans des conditions souvent difficiles. Il existe aussi de nombreuses associations dédiées à la sauvegarde, l’étude et l’interprétation de la musique andalouse. Au conservatoire, les enfants sont admis à l’âge de 7 ou 8 ans en classe de musique andalouse, car ils doivent savoir lire et écrire. En général, ils sont là parce que leurs parents l’ont voulu. Or, il n’existe pas de tronc commun qui leur permettrait de choisir le genre musical qu’ils souhaitent étudier. A la première inscription, le choix est fait, soit de manière arbitraire par rapport à une indispensable vocation !

Le don du maître
Les « cheikhs » (au sens d’enseignant) ont, pour la plupart, transmis tel quel leur héritage. Sans partitions, la transmission devient complexe. On enseigne le solfège au conservatoire, mais il n’est pas utilisé pour l’andalou ou le chaâbi. De plus, il n’existe pas de « programme défini » et le maître décide seul de ce qu’il « donnera » à son élève. Il s’agit bien d’un don du maître. Et combien nous ont quittés en emportant une partie d’un patrimoine, dont ils n’étaient que dépositaires… Quand le maître commence son enseignement, il interprète une pièce choisie par lui. Les élèves répètent après lui, encore et encore, jusqu’à ce qu’ils la mémorisent et soient capables de la reproduire.

Au final donc, on répète ce qui s’est fait depuis des siècles, mais probablement de manière différente. Il est impensable de prétendre que le transfert d’une génération à une autre s’est effectué sans modifications. Parfois venues « agrémenter » la monotonie, ces déformations, ajouts et broderies se sont insérés progressivement dans le répertoire pour devenir « la règle » à suivre. Sans compter qu’avec un seul maître, seul lien des élèves avec cet art, comment ces derniers peuvent-ils distinguer l’interprétation et le style du maître du patrimoine lui-même ? Tout le problème est là ! Au fil du temps, les altérations musicales deviennent des références, puisque les seules références reconnues sont celles des hommes.

On rapporte que lors d’une soirée privée, quelqu’un aurait dit à cheikh El Anka que son interprétation d’une pièce ne respectait pas la règle. Le cheikh lui aurait répondu : « Que celui qui a reçu l’héritage directement de Ziryab vienne me faire face. » Les puristes diront que l’enseignement respecte l’ordre chronologique des 12 noubas. Mais un ordre n’est pas un « programme défini » au sens de « programme d’enseignement par degré de difficulté », ni surtout une pédagogie. Le propre de l’enseignement est d’aller du simple vers le complexe. De manière générale dans les classes préparatoires (conservatoires ou associations), on enseigne des pièces réputées faciles, habituellement des enqilabate. Or, il en existe dont la mélodie est bien plus élaborée que certains b’tayhis et loin d’être aussi simples d’interprétation qu’on pourrait le penser ! Jusqu’à nos jours, ces mélodies ne pouvaient compter que sur la mémoire humaine.

Mais, paradoxalement, pour les poésies, les rares recueils existants ne sont pas remis aux élèves. En 1898, Jules Rouanet a établi la nomenclature des noubas dans son Etude de la Musique Arabe, en s’informant notamment auprès d’Edmond Nathan Yafil qui l’a judicieusement dirigé vers cheikh Sfindja, lui-même élève du grand maâlem Menemèche. En 1904, Yafil a publié un recueil des noubas. Seuls quelques rares privilégiés le possèdent. Pourquoi, depuis plus d’un siècle, cet ouvrage n’a-t-il jamais été réédité ? Les conservatoires, chargés justement de la conservation, ne le mettent pas à la disposition des élèves… L’ont-ils seulement ? La SNED a publié, entre 1975 et 1982, des recueils de textes chantés dans les trois écoles. Beaucoup d’informations y figuraient. Pourquoi n’ont-ils jamais été réédités non plus ? Pourquoi aussi les enregistrements des festivals internationaux de 1966, 1968 et 1972 ne sont-ils pas disponibles en CD ? Sous d’autres cieux, dès la rentrée, les élèves savent ce qu’ils auront à apprendre, des recueils leur sont remis ou prescrits.

Chez nous, un élève, qui entre en classe d’andalou, ne dispose ni d’un programme ni de livres. Tout se résume au maître et à son seul gré. Quand une pièce musicale est travaillée, on écrit la poésie au tableau, à charge pour l’élève de la recopier, de l’apprendre et de se constituer son répertoire en additionnant ses cahiers au fil des ans. Les habitués des conservatoires et associations, surtout ceux qui ont côtoyé de grands maîtres, conservent jalousement ces cahiers. Et, chacun pense en avoir appris plus et mieux que l’autre. Pour former un interprète correct, il faut près de dix années. Mais l’élève poursuit une scolarité en parallèle et son temps pour l’art est limité. De plus, l’enseignement est malmené ces dernières années et un certain état d’esprit s’est diffusé. Souvent, en effet, les élèves sont pressés de se produire et de gagner de l’argent. Ils essayent de mémoriser le plus possible, de se repérer par rapport à tel ou tel ancien, d’imiter celui-ci ou celui-la et de se lancer sans plus tarder dans la compétition. De nos jours, dans l’interprétation, il arrive qu’on mélange sanâa et malouf ou, dans une même nouba, des pièces de Tlemcen et d’Alger. Beaucoup d’élèves peuvent considérer cela comme une règle à suivre. Certains enseignants signalent ces « aménagements d’un soir ». D’autres pensent à le faire et oublient… C’est ainsi qu’au fil des ans, des élèves se sentiront forts de leur savoir et, à leur tour, le perpétueront, de bonne foi sans doute. Une fois de plus, se pose la question des références et d’une instance d’orientation et de contrôle.

Seulement dépositaires
Il s’en trouvera qui diront : pourquoi changer une méthode qui fonctionne depuis des siècles ? Mais elle n’a fonctionné qu’en partie, puisque la moitié des noubas a disparu ! Il serait totalement irrationnel, sinon dément, de prétendre que le patrimoine est le même depuis des siècles. C’est tout simplement impossible. Nos maîtres eux-mêmes ne peuvent que l’admettre et les enregistrements le montrent. « Pour un même morceau, interprété par Sfindja ou par Ahmed Serri, la différence est perceptible. La mélodie est strictement la même, mais elle est servie de tout autre manière », souligne encore Nourredine Saoudi. Les instruments aussi sont différents, ne serait-ce que par leurs composants. Les quelques luthiers restants ne trouvent pas les bons matériaux. Donc les sons changent, sans compter l’introduction de nouveaux instruments. Il semble certain qu’avant Sfindja ou Menemèche, l’interprétation était autre et que dans le futur, elle sera de nouveau différente.

A quand une méthode de transmission sûre ? Selon la misicologue Maya Saïdani : « Il faut éduquer les gens dès leur jeune âge à l’écoute attentive de la musique au lieu de la considérer comme un moyen de divertissement. » Nous sommes dépositaires d’un patrimoine que des gens ont conservé et transmis comme ils le pouvaient, avec leur seule mémoire et un hommage doit leur être rendu. Ahmed Serri, maître de l’école d’Alger, dit de façon humble : « Je crois avoir fait tout ce que je devais faire. Il me semble que j’ai essayé de travailler pour laisser une relève, même si cela peut être contesté par certains. » On notera qu’il a publié un Recueil des poèmes des noubate de la musique sanâa (Ed. Ibda, 1997) et qu’il s’apprête à écrire ses mémoires.

En 2006, a eu lieu le séminaire de la musique classique algérienne à Tipaza, où fut créée la Fédération nationale des associations de musique classique algérienne (FNAMCA), remplaçant feue l’Association de sauvegarde du patrimoine de la musique classique. A cette occasion, la ministre de la Culture a mis en avant la nécessité « de se mobiliser autour d’un programme d’enseignement de cette musique au niveau des établissements des cycles primaire et moyen, avec l’accord du ministère de l’Education nationale ». Aujourd’hui, ce sont moins les fonds que la méthode qui nous manquent. Que faisons-nous ? Et qu’allons nous faire ? La musique andalouse nous est parvenue, mais ne nous appartient pas. Elle s’exprime à travers nous, mais n’est pas de nous (merci Gibran Khalil Gibran). Nous nous devons de la restituer à la postérité telle qu’elle nous a été confiée. Nous pouvons et nous devons y ajouter nos marques, preuve de notre intérêt et de notre amour pour elle, mais nous devons aussi la préserver et la laisser continuer son merveilleux périple dans le temps.
L’auteure est née en 1961, élève du Conservatoire d’Alger (entrée en 71) puis des associations El Mossilia et Eth Thaâlibya. Membre de l’ex-Association nationale pour la sauvegarde du patrimoine classique.

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Par Fazilet Diff
El Watan, édition du 18 Octobre 2008

Algérie - Commune de Tadmaït : Le jardin oublié

# Administrateur | 17/10/2008 | Patrimoine

> KABYLIE INFO

Commune de Tadmait KabylieCommune de Tadmaït : Le jardin oublié

Situé sur la principale artère de la commune, faisant face notamment au siège de la mairie, le jardin public, baptisé récemment le jardin du 1er Novembre, donne l’impression d’être une petite forêt implantée au milieu d’une cité, du fait de sa forte densité en arbres de différentes espèces qui ont pour leur majorité plus d’une cinquantaine d’années.


Des arbres dont l’ombrage constitue une protection contre les rayons de soleil pour ceux qui s’y rendent même durant les heures les plus chaudes de la journée. En plus des arbres grands et larges, des parcelles de gazon, qui étaient bordées avec des pierres disposées verticalement afin de donner certainement un aspect plus proche de la nature au lieu, entourent ces derniers. Mais les responsables locaux les ont malheureusement remplacées par des bordures construites avec des briques et du ciment, ce qui a sensiblement dénaturé l’architecture des lieux.

Et pour renforcer encore plus l’aspect naturel des lieux, le sol du jardin était entièrement fait avec de la pierre, mais encore une fois une grande surface de ce sol a été refaite avec du carrelage dans le cadre des travaux de réhabilitation, qui ont été réalisés par l’APC suite aux grands dégâts qu’a subis le jardin durant les évènements du Printemps noir. Une dégradation qui a livré les lieux aux vendeurs et consommateurs de drogue ainsi qu’aux ivrognes qui ont profité de l’absence des services de sécurité pour investir l’endroit et par conséquent faire fuir les gens, qui ont dû se priver de leur espace favori pendant une longue période, mais, grâce auxdits travaux, la population a renoué avec son jardin.

Le jardin de Tadmaït n’était pas à l’époque coloniale un lieu de repos et de détente uniquement, mais, selon les témoignages des vieux qui se souviennent encore bien de cette période, il était aussi le lieu où les colons organisaient leurs cérémonies et fêtes de mariage, notamment après avoir célébré la cérémonie religieuse dans l’église, qui était située juste derrière ce dernier et qui a été détruite après l’indépendance et remplacée par une mosquée. Des fêtes qui étaient, selon les anciens, accompagnées toujours par un orchestre qui se tenait sur une niche qui trône à ce jour au milieu du jardin, et qui a connu à son tour des modifications dans son architecture, ainsi que les bancs qui ont été remplacés par des bancs made in Algeria.

Etant incontournables dans la décoration des jardins, celui de Tadmaït est orné de deux jets d’eau qui produisaient un joyeux vacarme conjugué aux chants des oiseaux venant se rafraichir sur les bords de ces derniers. Toutefois, ces jets d’eau ne fonctionnent plus depuis maintenant plusieurs années malgré des tentatives infructueuses de les remettre en marche, laissant ainsi ces derniers dans un état de délabrement et pleins d’eau stagnante et nauséabonde. En dépit des nombreuses modifications apportées à son aspect architectural initial, le jardin de Tadmaït reste le lieu le plus prisé des Tadmaïtis qui aiment s’y rendre pour se remémorer le temps passé, entre vieux, se rencontrer et discuter, entre jeunes, ou jouer entre chérubins sous l’œil vigilant des agents d’entretien qui veillent sur le poumon de Tadmaït.

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Par L. Rachid
El Watan, édition du 18 Octobre 2008

Algérie - Aïn El Hammam : Le chardonneret a disparu

# Administrateur | 17/10/2008 | Patrimoine

> KABYLIE INFO

Aïn El Hammam : Le chardonneret a disparu

Ce bel oiseau chanteur au plumage coloré de rouge, de jaune et de blanc risque de ne plus réapparaître dans nos campagnes.


Le ChardonneretD’habitude, en cette période, les jeunes oisillons, âgés de quelques mois forment des colonies dont les chants et les mouvements ne passent pas inaperçus. Cette année, les rares sujets que nous voyons passer, sporadiquement, semblent être les derniers d’une race en voie de disparition. Même les vendeurs d’oiseaux n’en possèdent qu’en nombre réduit. Au marché hebdomadaire, les habitués ne viennent que rarement en proposer aux amoureux de Thimreqemth, nom donné à ce passereau. Ceux qui en tirent bénéfice, des jeunes écoliers en général, en demandent un prix fort.

C’est dire que ce volatile qui hantait les chardons dont il affectionne les graines, est très recherché. Hormis ses prédateurs naturels, le chardonneret trouve en l’homme un ennemi redoutable qui redouble de stratagèmes pour le mettre en cage et signer ainsi son arrêt de mort. Chassé à outrance depuis plusieurs années, il orne les cages de ceux qui ne peuvent se permettre les traditionnels canaris ou perruches, trop chers. Divers moyens sont mis en branle par des braconniers en herbe, qui en font un moyen facile de gagner leur argent de poche. La glu et autres pièges ont fini par décimer des colonies entières qui n’arrivent plus à se reproduire. Jeune ou vieux ou encore tête rouge, comme les appellent les chasseurs, aucun n’échappe à l’inexorable éradication.

Ne pouvant se reproduire en captivité ni y vivre très longtemps, il faut sans cesse repeupler les cages, sans se soucier de l’équilibre naturel. En dehors des oiseaux migrateurs tels les hirondelles ou les étourneaux, le chardonneret est sans conteste l’oiseau qui peuplait le plus nos champs.

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Par Nacer B.
El Watan, édition du 18 Octobre 2008

Algérie - Ghardaia, patrimoine universel : l'ONU sur le site

# Administrateur | 15/10/2008 | Patrimoine

PATRIMOINE UNIVERSEL DE GHARDAÏA



Des experts de l’ONU sur le site


Le patrimoine universel de la capitale du M’zab inquiète l’ONU. Une délégation d’experts de l’Unesco vient inspecter l’état des lieux des Kser, classés patrimoine universel. C’est ce qu’a déclaré le porte-parole du gouvernement, Abderrachid Boukerzaza, lors d’une conférence de presse qu’il a animée hier. Même si le patrimoine n’a pas été affecté par les inondations, l’équipe onusienne veut s’en assurer de visu. Le porte-parole du gouvernement a reconnu hier que «la reconstruction de la ville constitue une préoccupation majeure du gouvernement». Selon lui, le gouvernement a donné des instructions pour respecter le cachet original de la ville.

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Par Nadia BENAKLI
L'Expression, édition du 15 Octobre 2008

Algérie - Jijel : Des ours et des loups dans le parc de Kissir

# Administrateur | 12/10/2008 | Patrimoine

> ÉPOQUE

Jijel : Des ours et des loups dans le parc de Kissir

Deux couples d’ours bruns et de loups d’Europe ont été réceptionnés hier par le parc animalier de Kissir (Jijel) pour enrichir la panoplie faunistique de cet espace de loisirs situé à une dizaine de kilomètres à l’ouest du chef-lieu de wilaya, a-t-on constaté.


Ces nouveaux pensionnaires du parc de Kissir représentent un don de l’ambassade de Serbie à Alger « en signe de reconnaissance » envers la wilaya de Jijel, a-t-on appris des autorités de la wilaya, qui ont fait mention des deux visites effectuées dans la région par le chef de la mission diplomatique serbe en poste à Alger. Ces animaux proviennent du parc zoologique de Belgrade, considéré comme l’un des plus grands au monde.

L’ours mâle, pesant près de 250 kg, est né le 11 janvier 2002, et sa compagne a vu le jour le 11 janvier 2003. Le loup mâle, d’un poids de 50 kg, est né le 19 avril 2004, tandis que la louve est venue au monde le 16 mai 2005, selon les documents sanitaires d’accompagnement. Le vétérinaire serbe qui a fait partie du voyage, a indiqué que ces animaux « se sont bien comportés » durant le déplacement entre Belgrade et Jijel.

Selon le docteur vétérinaire, Lyazid Belayat, du parc zoologique et de loisirs de Ben Aknoun, ces animaux nécessitent une certaine période d’observation vétérinaire et feront l’objet « d’analyses coprologiques, sanguines et d’observations comportementalistes » pour bien examiner leur adaptation et acclimatation dans leur nouveau milieu. Le parc animalier de Kissir, qui constitue un pôle d’attraction et de loisirs dans la région, s’est enrichi, il y a quelques mois, d’un couple de lions transféré du parc zoologique de Ben Aknoun, rappelle-t-on.

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El Watan, édition du 10 Octobre 2008

L'Ina restitue son patrimoine radio à la Radio algérienne

# Administrateur | 08/10/2008 | Patrimoine

Patrimoine audiovisuel / INA : L'Ina restitue son patrimoine radio à la Radio algérienne


Patrimoine audiovisuelL'Institut national de l'audiovisuel (Ina) français et la Radio algérienne ont signé mardi à Paris un accord sur la restitution du patrimoine radio à l'Algérie, a indiqué l'Ina dans un communiqué.

Cet accord, signé par Emmanuel Hoog, président-directeur de l'Ina et Azzedine Mihoubi, directeur général de la radio algérienne, "prévoit la mise à disposition d'une copie de l'ensemble des actualités radiophoniques détenues par l'Ina, relatives à l'Algérie depuis 1939 jusqu'à 1962", selon le communiqué. Il prévoit également "la possibilité pour la Radio algérienne d'exploiter ces sons par voie hertzienne ou satellitaire et de les commercialiser sur le territoire algérien".

Il donne "une totale liberté d'utilisation de toutes les archives sonores enregistrées notamment sur le sol algérien, jusqu'à la date d'indépendance".

Le fonds est constitué de 1300 documents sonores qui retracent l'histoire de l'Algérie de 1939 à juillet 1962. Le document le plus ancien est un discours de 1939, du Président Albert Lebrun au banquet du Comité Nord Africain.

Ces documents sonores sont en cours de numérisation à l'Ina, explique le communiqué. Les 200 premiers documents ont été remis lors de la signature de l'accord. La livraison des autres documents s'étalera au cours des années 2009 et 2010.

Cet accord a lieu moins d'un an après celui signé entre l'Ina et la télévision algérienne, en décembre 2007. Il portait sur les images conservées par l'Ina retraçant l'histoire de l'Algérie depuis la Seconde guerre mondiale jusqu'en 1962

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La Tribune, édition du 07 Octobre 2008

Algérie - L’aqueduc de Aïn Zeboudja bientôt restauré

# Administrateur | 04/10/2008 | Patrimoine

Classé monument national depuis janvier dernier

L’aqueduc de Aïn Zeboudja bientôt restauré


aqueduc ain zeboudjaEnfin, la direction de la culture de la wilaya d’Alger s’est décidée à réagir pour voler au secours de l’aqueduc de Aïn Zeboudja, au Val d’Hydra. On peut entrevoir l’ouvrage hydraulique datant de l’ère ottomane et classé monument national depuis janvier dernier seulement, derrière le mur de clôture entourant la résidence Chaabani, derrière le siège du ministère de l’Energie. On se demande d’ailleurs comment un site patrimonial a pu se trouver ravi aux regards et cerné par un mur d’enceinte et des villas sans qu’aucune autorité ne réagisse. Des riverains l’ont bien fait et la Tribune s’en était fait l’écho, il y a plus de cinq ans, en essayant d’attirer l’attention des autorités publiques sur ce patrimoine délaissé et menacé par le béton, mais rien n’a été fait jusqu’à aujourd’hui… mieux vaut tard que jamais, diraient les plus optimistes. Ainsi, l’ouvrage sera restauré prochainement. «Un bureau d’études a été désigné pour établir un diagnostic complet et faire l’état des lieux de cet édifice classé en janvier 2008, et une entreprise entamera incessamment les travaux d’urgence», a indiqué Kamel Righi, architecte à la direction de la culture d’Alger. «L’ensemble des parties de ce monument est actuellement en mauvais état de conservation», dira l’architecte, citant parmi ces dommages une large fissure parcourant le pan de la 7ème arche au niveau inférieur du côté nord-ouest ainsi qu’une autre fissure aussi importante que la précédente localisée entre la 13ème et la 14ème arche. «On remarque que des consolidations en béton ont été exécutées aux deux extrémités de la base inférieure du monument par l’entreprise Chaabani qui en a fait fortuitement la découverte lors de travaux de construction de la résidence», a ajouté M. Righi.

S’agissant des travaux qui seront entrepris, l’architecte dira qu’ils «consisteront en des coutures sur les fissures et l’intervention en sous-œuvre pour stabiliser la structure», des travaux d’urgence en somme. Le classement de l’aqueduc, le plus important des 4 aqueducs construits au XVIIe siècle, permettra «de mettre en valeur son importance historique et archéologique en restaurant les parties touchées par la dégradation, de permettre sa protection et sa sauvegarde et de proposer ces lieux dans un projet touristique, culturel ou scientifique vu son emplacement et sa fonction durant l’ère ottomane», affirme-t-on. Mais il est difficile d’ajouter crédit à de telles assertions quand on voit la situation du site patrimonial qui est littéralement perdu au milieu de constructions modernes. On nourrira cependant un certain espoir en l’action et la volonté de la direction de la culture de la wilaya d’Alger qui a déjà fait montre d’une bonne réactivité quand la nécessité se faisait sentir. Il s’agira maintenant de faire preuve d’imagination et d’impliquer tous les responsables concernés pour redonner à l’aqueduc de Aïn Zeboudja son aura d’antan. Des décisions courageuses et nécessaires devront être prises si on entend le faire. On pourrait aussi étendre la réflexion à d’autres sites qui mériteraient d’être sauvés des griffes des pelleteuses et du cancer de béton. Nos pensées vont aux abattoirs d’Alger qui pourraient être aménagés et devenir un îlot culturel au milieu de cette débauche de verre et de béton qui l’encercle. Il y a d’autres sites encore, des fontaines, des places…

Les 4 aqueducs d’Alger

L’aqueduc de Aïn Zeboudja, considéré comme le plus ancien, et dont la construction aurait été supervisée par un maître fontainier -titre équivalent à celui d’architecte principal- nommé Ousta Moussa El Andaloussi, puisait ses eaux dans une source abondante située en avant de Dely Ibrahim. Il offrait un développement d’environ 12 kilomètres et recevait sur son parcours l’eau des sources de Hydra, contournait fort l’Empereur puis entrait dans la Casbah et desservait toute la partie septentrionale de la ville. Avant de pénétrer dans la médina par la Citadelle (Dar El Soltan) qu’il approvisionnait au passage, cet aqueduc alimentait quatre fontaines et la zone des Taggarins, tandis qu’à l’intérieur de la ville, il distribuait l’eau à quatorze fontaines. L’aqueduc de Aïn Zeboudja, construit durant la période 1619-1639, et dont le débit était de
734 400 litres par jour, représente un ouvrage d’art exceptionnel vu son architecture et le rôle important qu’il a joué, à l’époque ottomane, dans l’alimentation en eau potable de la ville à partir des sources naturelles.

Les trois autres aqueducs de la même époque qui alimentaient la ville sont l’aqueduc d’El Hamma, à partir de la source d’El Hamma (sud d’Alger) et dont le débit était de 777 6000 litres/jour, l’aqueduc du Telemly, d’un débit de 561 600 qui puisait son eau dans une source située dans le quartier Mustapha supérieur (sud-ouest d’Alger) et l’aqueduc de Birtraria d’une capacité de 126 144 litres par jour, dont l’eau provenait d’une source de Frais Vallon (nord-ouest d’Alger).

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Par Hassan Gherab
La Tribune, édition du 04 Octobre 2008

Algérie - Hommage à Lili Boniche : Music-hall d’Alger

# Administrateur | 25/09/2008 | Patrimoine

> ARTS ET LETTRES

Hommage à Lili Boniche : Music-hall d’Alger

Sur les traces d’une œuvre qui a su donner à un patrimoine ancien les accents de la modernité.Qui ne connaît la fameuse chanson Alger, Alger ?


Voilà six mois que Lili Boniche est décédé à Paris. Il est né en 1921 à Alger dans une famille qui venait d’Akbou et dont le père, musicien, l’encouragera à emprunter la même voie. Très jeune, Lili Boniche ira apprendre la musique andalouse auprès du maître Saoud l’Oranais puis au sein des formations El Moutribia et El Moussilia.

A peine adolescent, il anime une émission de Radio-Alger consacrée à la musique hawzi. Mais, attiré par le music-hall, il va mêler ce patrimoine à d’autres musiques : le jazz, le flamenco, le mambo, le paso-doble, etc. Refusant l’étiquette « judéo-arabe » par laquelle on qualifie aussi bien le genre qu’il pratiquait que toute musique arabe interprétée par un juif, il avait eu ces mots : « Est-ce qu’on dit d’un musulman qu’il joue de la musique islamo-arabe ? Je joue de la musique arabe, un point c’est tout ! ». Il y avait là toute la sincérité et la droiture de cet artiste qui connut le succès dans les années 30 et 40 avant d’être relancé dans les années 90. En hommage à sa mémoire et à son répertoire, le CCF d’Alger accueille le chanteur Salah Gaoua accompagné d’un sextet d’excellents musiciens où figurent Bazou (mandole et guitare), bien connu des mélomanes algériens, ainsi que Varoujan Fau (luth, guitare électrique), Caroline Cuzin-Rambaud (violon, piano) et Mohammed Zami (luth et guimbri).

- Jeudi 25 sept. à 21 h (début du spectacle) dans les jardins du CCF. Entrée libre dans la limite des places disponibles.

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Par Z. M.
El Watan, édition du 25 Septembre 2008

Alger - Travaux d’extrême urgence à la mosquée Ketchaoua

# Administrateur | 21/09/2008 | Patrimoine

Culture : Travaux d’extrême urgence à la mosquée Ketchaoua




Mosquee KetchaouaLa mosquée Ketchaoua, monument classé, dont le minaret menace de s'effondrer partiellement, fait l'objet de travaux d'extrême urgence, engagés par la direction de la culture de la wilaya d'Alger. "Nous avons engagé des travaux d'extrême urgence à la mosquée Ketchaoua, particulièrement au niveau du minaret qui constitue un vrai danger", a indiqué hier Mme Badia Sator, directrice de la culture de la wilaya d'Alger mettant en exergue le "mauvais état" de cette partie du monument dû à l'absence d'entretien et au séisme de 2003. "C'est une opération très délicate et on ne peut pas avoir une idée réelle sur les délais des travaux d'urgence sur ce minaret qui sera étagé de haut en bas et ceinturé", a affirmé la responsable, ajoutant que les études, le suivi et les travaux de restauration de la mosquée Ketchaoua, qui est située dans un secteur sauvegardé, font partie de la 2e phase du Plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur de la Casbah d'Alger. "Le minaret de droite de la mosquée connaît un cas de fissuration assez avancé et menace de s'effondrer", a de son côté précisé M. Righi, architecte à la direction de la Culture, ajoutant qu'il y a un tassement en-dessous du minaret.

"Il y a une érosion au niveau des éléments des balustres ainsi qu'un déplacement des blocs constitutifs de la partie haute du minaret et même une légère inclinaison de cette même partie", a expliqué l'architecte ajoutant que des infiltrations d'eau, notamment au niveau de la voûte centrale, ont entraîné une dégradation de tous les décors.

"Le bureau d'études est en train d'affiner son diagnostic, une opération considérée comme première phase de l'étude", a confié l'architecte précisant que des panneaux de protection ont été mis en place pour établir un périmètre de sécurité autour de la mosquée. La mosquée Ketchaoua, mélange de styles architecturaux romano-byzantin et arabo-turc, a été bâtie vers 1613 et agrandie en 1794 par le Dey Hassan. Le monument, comprenant deux minarets et dont la façade est décorée de mosaïques, a été transformé en 1832 en cathédrale avant de retrouver sa vocation de lieu de culte musulman à l'Indépendance du pays.

France - L'Elysée a attiré plus de 10.000 visiteurs

# Administrateur | 21/09/2008 | Patrimoine

JOURNEES DU PATRIMOINE
L'Elysée a attiré plus de 10.000 visiteurs

Le Palais, exceptionnellement ouvert au public dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, a connu une affluence record. La manifestation culturelle se poursuit ce dimanche.


Journees du patrimoinePlus de 10.000 visiteurs se sont rendus au palais de l'Elysée, samedi 20 septembre, à l'occasion des 25e Journées européennes du patrimoine, a annoncé le soir même l'Elysée, qui qualifie cette première journée de visite par le public de "succès historique".
"Pour la première fois, le public est rentré par le jardin et a pu visiter trois salons supplémentaires : le salon d'Argent, la salle à manger Paulin, et la bibliothèque", précise la présidence de la République.
Samedi soir, à 19 h 15, 10.247 personnes s'étaient rendues au Palais, "un chiffre record" depuis son ouverture au public, dès la première édition de l'évènement culturel, souligne le communiqué de l'Elysée. L'an dernier près de 15.000 visiteurs s'y étaient rendus sur les deux jours de la manifestation.
Ce dimanche, le Palais de l'Élysée ouvre de nouveau ses portes au public, de 9 heures à 20 heures.
Samedi matin, des visiteurs ont pu rencontrer le président Nicolas Sarkozy et son épouse Carla, dans les jardins de l'Elysée.

L'Elysée favori

L'Elysée reste toujours la destination favorite des visiteurs à l'occasion des Journées du patrimoine. Le Sénat, Assemblée nationale et ministères sont eux aussi très appréciés.
La manifestation, très populaire, avait rassemblé 12 millions de personnes l'an passé. Cette année, près de 15.000 sites sont ouverts au public et 21.000 animations sont proposées. (voir le programme)
Des milliers de châteaux, musées, sites archéologiques, jardins, demeures historiques, publics ou privés, sont ouverts pour la plupart gratuitement tout le week-end dans toute la France.
Samedi en fin d'après-midi, le siège parisien de France Télévisions - qui ouvre ses stations - refusait déjà du monde, appelant les curieux à revenir dimanche.
Près de 2.000 personnes ont ainsi découvert samedi la télévision publique et pu rencontrer les personnalités de la chaîne, comme David Pujadas, Audrey Pulvar, Fred et Jamy ou Nelson Montfort.
Dimanche, Thierry Beccaro, Julien Lepers, Georges Pernoud, Jean-Luc Delarue, William Leymergie ou Julien Courbet seront présents, comme le patron du groupe Patrick de Carolis, indique France Télévisions.

Animations en régions

Les régions ne sont pas en reste. A Toulouse, des "chuchoteurs" accueillaient les visiteurs au Muséum d'histoire naturelle, parlant à travers un long bâton creux pour leur dévoiler le secret des collections, des histoires poétiques et des énigmes.

A Lyon, ce sont les ateliers de maintenance du métro lyonnais qui ont ouverts leurs portes pour la première fois, comme des dizaines de demeures, jardins, ateliers ou centres d'art.

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NOUVELOBS.COM | 21.09.2008 | 10:56

France - 25e Journée du Patrimoine

# Administrateur | 20/09/2008 | Patrimoine

JOURNEES DU PATRIMOINE
Le couple présidentiel ouvre les portes de l'Elysée

A l'occasion des 25e Journée du Patrimoine, près de 15.000 sites sont ouverts gratuitement au public. Parmi ceux-ci, le palais de l'Elysée, où Nicolas et Carla Sarkozy ont reçu les visiteurs. Cette année, le ministère de la Culture a choisi pour thème "patrimoine et création"


journees du patrimoineDes sites archéologiques aux palais dorés de la République, plus de 15.000 lieux et monuments sont ouverts au public les samedi 20 et dimanche 21 septembre, à l'occasion de la 25e édition des Journées du patrimoine.

De nombreux visiteurs ont profité de cette première journée pour découvrir le palais de l'Elysée, exceptionnellement ouvert au public, où ils ont été accueillis par le président de la République et son épouse Carla.

Le couple présidentiel a pris un petit bain de foule au milieu des visiteurs, arrivés par centaines tôt dans la matinée aux abords du palais présidentiel, dont certaines salles sont ouvertes pour la première fois.

Nicolas et Carla Sarkozy devaient ensuite partir pour New York pour un week-end privé.

L'hôtel de Matignon ouvert

L'an dernier, 15.000 personnes avaient visité l'Elysée lors des Journées du patrimoine.

Pour la première fois cette année, l'entrée se fait par les jardins du palais, où est projeté sur des écrans géants le documentaire "Elysée, présidence de la République", qui sera diffusé dimanche soir sur France 5.

Jusqu'à 20 heures, les visiteurs pourront notamment admirer le bureau du chef de l'Etat, la salle des Fêtes, la bibliothèque et la salle à manger réalisée par Pierre Paulin à la demande du président Georges Pompidou.

L'hôtel de Matignon est aussi ouvert au public, qui peut notamment y visiter le bureau du Premier ministre, dont le mobilier est signé Andrée Putman.
Quelque 15.000 châteaux, jardins, églises et autres musées sont ouverts gratuitement au public jusqu'à dimanche soir. Le thème retenu pour cette édition 2008 est celui des liens entre patrimoine et création.

Manque de fonds

Comme à l'accoutumée, ces deux jours proposeront des visites, gratuites pour la plupart, de lieux habituellement fermés au public, des premières ouvertures, des ateliers pour les enfants, des conférences et visites guidées, des spectacles, etc.

A Saint-Denis (Seine-St-Denis), la RMN (Réunion des Musées nationaux) ouvre exceptionnellement ses ateliers de moulage, tout comme Cergy (Val-d'Oise) la maison de l'acteur Gérard Philipe.

Le programme peut être consulté sur le site www.journeesdupatrimoine.culture.fr ou en téléphonant au 0 820 202 502.

Les Journées du patrimoine sont aussi l'occasion pour les associations de manifester leur inquiétude sur le manque de fonds dévolus au secteur.
Créées en 1984, les Journées du patrimoine ont lieu tous les ans, le troisième week-end de septembre. Elles avaient attiré l'an dernier plus de 12 millions de visiteurs.

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NOUVELOBS.COM | 20.09.2008 | 15:22

Algérie - Cherchell-Le rite nuptial de Sidi Maâmar

# Administrateur | 27/08/2008 | Patrimoine

> ÉTÉ 2008

Cherchell rite nuptialCherchell-Le rite nuptial de Sidi Maâmar : Un mariage original et originel

En cette nuit de mercredi à jeudi de la saison estivale 2008, il fait excessivement chaud. Les lampadaires, qui résistent encore au vandalisme des humains, éclairent très mal les quartiers. Les grappes d’adolescents au torse nu, éparpillés à travers les nombreux quartiers de la ville, créent une ambiance très décontractée.


Ils sont patients, en dépit de leur fatigue. De temps à autre, des volontaires viennent avec des bouteilles d’eau fraîche. Des rires éclatent dans la nuit, provoqués par des récits, des anecdotes et des blagues. Le cortège nuptial est attendu pour 23h30. Le mariage selon le rite de Sidi Maâmar, s’est raréfié. Aujourd’hui, le modernisme a fait perdre la tête à beaucoup de familles qui ont préféré abandonner la fête traditionnelle. Le domicile de la mariée est déjà plein à craquer. Le rythme de la derbouka et les youyous stridents des femmes brisent le silence de ce quartier populaire. Les voisins sont impatients. Ils veulent être témoins de ces moments rares. Au domicile du futur marié, l’ambiance est détendue. La nuit est courte et les hommes s’inquiètent de l’horaire du départ.

La jument blanche, habituée à ces fêtes exceptionnelles, tenue par son jeune propriétaire, arrive enfin et provoque une joie indescriptible. Le futur beau-père, qui fait attention au protocole, informe l’assistance que la troupe musicale locale de zorna devra les rejoindre dans quelques minutes. Il est 1h du matin. Les deux familles se contactent par téléphone mobile pour s’enquérir de la situation. Le futur beau-père ramène le burnous et consulte ses proches sur certains détails qu’il ne faut pas oublier, pour mener à bien la cérémonie chez la mariée. Voilà que les femmes, les jeunes filles accompagnées et encadrées par quelques maris et fils sortent du domicile du futur époux pour emprunter un itinéraire qui doit les emmener vers la maison de la mariée. Chants, rires et youyous ponctuent cette procession le long des rues très mal éclairées de la ville. Des fenêtres s’ouvrent, quelques familles arrosent de parfum cette procession heureuse. Beaucoup de retrouvailles et de discussions entre les dames lors de cette marche.

La jument est précédée par le fourgon qui transporte la zorna et le cameraman immortalise ces précieux moments. Des airs populaires sont exécutés par les musiciens de la troupe en habits traditionnels qui ne laissent point indifférente cette assistance mobile. Des jeunes hommes dansent au rythme des percussions de la zorna. Les vêtements de femmes portés lors de cette soirée constituent une véritable richesse du patrimoine artisanal algérien. Un défilé de tenues traditionnelles très instructif. Les silhouettes ralentissent la cadence pour permettre le regroupement du cortège avant d’arriver à destination. A l’entrée de la maison de la mariée, c’est une autre ambiance heureuse qui se dégage. Morceaux de sucre, parfums et fleurs sont balancés à l’adresse des invitées venues chercher la mariée. Au bout de 20 minutes de communion, la mariée, enveloppée entièrement dans le burnous et accompagnée par ses proches parents, quitte lentement sa maison. Elle est entourée uniquement par les membres de sa famille. Elle est aidée à monter sur le dos de la jument. C’est à partir de cet instant précis que son futur beau-père et les membres de sa famille interviennent aux côtés des proches de la famille de la mariée pour l’installer sur la jument.

Un foulard rouge ceint sa tête déjà dissimulée par le burnous. Deux bougies allumées sont attachées au foulard. La foule des accompagnatrices a, entre-temps, grossi. Toutes les femmes désireuses d’accompagner la « cavalière » sortent de la maison toujours sous les youyous. Le beau-père de la mariée tient dans la main la corde attachée à la jument, pour éviter éventuellement le déséquilibre à la mariée. Le signal est alors donné pour retourner au point de départ, mais en empruntant un autre itinéraire. C’est la règle du rite de SidiMaâmar.

Des morceaux de sucre sont jetés à partir des balcons et des fenêtres des maisons qui se trouvent le long du passage du cortège. Les mains et les pieds de la mariée ont été couverts de henné depuis quelques minutes. Ils sont enveloppés dans des morceaux de tissu blanc. La mariée, telle une star, sillonne les quartiers de la ville sur la jument, en cette chaude nuit d’été, sous les regards des femmes. Un climat de bonheur caractérise cette balade nocturne. La jument demeure imperturbable durant tout le trajet.
Ni le bruit des voitures, ni les chants ni la musique de la zorna, ni même la « la cavalière » sur son dos ,encore moins les flashs des appareils photos n’arrivent à l’incommoder. C’est un signe de bon augure pour le futur couple, selon une vieille dame. Il est 3h du matin passé. Arrivée à destination, la mariée est immédiatement prise en charge, elle est accompagnée jusqu’à la chambre de sa belle mère. Elle y passera quelques heures avec une femme proche de sa famille. Dans la soirée du jeudi, la mariée devra changer ses vêtements avant de rejoindre, enfin, sa propre chambre. Son mari va arriver d’un moment à l’autre. Le mariage traditionnel est total jusqu’à l’ultime seconde de cette fête purement familiale. Une nouvelle vie commencera pour les jeunes mariés félicités par les nombreux amis et les membres de leurs familles au lendemain de la nuit de noces.

Leurs parents sont fiers sur tout ce qu’ils viennent d’entreprendre dans le respect de la tradition. En effet, les familles des mariés ont réussi à perpétuer la tradition du mariage selon le rite de Sidi Maâmar. Le vendredi à midi, la famille de la mariée cuisine des plats exceptionnels, reflétant une fois de plus la richesse de l’art culinaire de la ville de Cherchell. Il faut des hommes et des véhicules pour transporter toute cette nourriture de haute facture qui s’inscrit dans la tradition culturelle locale. Le cortège arrive difficilement à se frayer un chemin le long des rues étroites de Cherchell, en cette journée d’été.

Les menus confectionnés par de véritables et authentiques cordons bleus, qui n’ont jamais été sous les projecteurs médiatiques, aura nécessité une mobilisation sans faille. Ce repas des mariés de Sidi Maâmar sera dégusté par l’ensemble des membres et amis des deux familles, dans la joie, la tolérance, dans une ambiance festive, mais surtout dans le respect des traditions du rite de Sidi Maâmar de la ville de Cherchell.

[ source ]
Par M’hamed H.
El Watan, édition du 27 AOUT 2008

Algérie - Tindouf classée parc naturel à protéger

# Administrateur | 27/08/2008 | Patrimoine

> RÉGIONS

Patrimoine national

Tindouf classée parc naturel à protéger



L’ensemble du territoire de la wilaya de Tindouf est désormais classé parc naturel. Les démarches entamées, depuis quelques années, par les autorités locales, dont la Direction du tourisme, de la culture et de la conservation des forêts, pour attirer l’attention des hauts responsables sur la grande variété des richesses de la région et la nécessité de les protéger, ont finalement abouti.


En effet, après avis de la commission nationale des biens culturels lors de ses réunions en 2005, le décret exécutif n° 08-159 du 28 mai 2008, publié au Journal Officiel n° 28 du 1er juin passé, est venu, en son article premier, stipuler la création et la délimitation du parc naturel de Tindouf. Et ce, en application des dispositions de la loi n°98-04 du 15 juin 1998 relative à la protection du patrimoine culturel, notamment en son article 39. Les coordonnées géographiques de ce parc, qui s’étend sur une superficie de 168 000 km2, sont les limites administratives de la wilaya de Tindouf.

Conformément au plan de délimitation annexé au décret portant sa création, le parc naturel de Tindouf est délimité par deux wilayas (Béchar au nord-est et Adrar au sud-est) et par les frontières de trois pays voisins (celles du Maroc au nord-ouest, de la Mauritanie au sud et de la République arabe sahraouie démocratique au sud-ouest). Cette vaste région du sud-ouest algérien, encore très méconnue – Elle n’a pas encore fait l’objet d’études archéologiques – recèle des sites témoins d’une civilisation millénaire.
A titre d’exemple, la région de Lakhal, à la limite sud-est de la wilaya, recèle à elle seule une vingtaine de stations de gravures rupestres, des tombes géantes, des tumulus, des menhirs, des mégalithes. Ailleurs, fragments de poterie de la période paléolithique, empreintes, fossiles d’animaux et de végétaux de la fin du 3ème âge géologique. Son classement comme parc naturel s’imposait puisqu’il en fait ipso facto une zone protégée contre toutes sortes d’atteintes à ce riche patrimoine.

[ source ]
Par M. Milagh
El Watan, édition du 27 AOUT 2008

Algérie - La ville de Tébessa : Un musée à ciel ouvert

# Administrateur | 17/08/2008 | Patrimoine

La ville de Tébessa

Un musée à ciel ouvert

Musee de TebessaSituée à quelques kilomètres de la frontière tunisienne, Tébessa, l’antique Théveste, est une ville qui offre aux yeux des badauds une nature vaste et variée, tantôt des plaines vertes, tantôt des terres arides. Le visiteur de la ville qui a vu naître cheikh El Arbi Tebessi gardera à jamais le souvenir indélébile de ses beaux paysages et l’hospitalité de ses habitants.

« Notre ville est très riche en mosaïque, et elle recèle d’importants monuments et vestiges datant de l’époque romaine», dira d’emblée M. Sahar Mohamed Rebai, intérimaire du directeur du palais de la culture Mohamed Chebouki. De son côté, le responsable de la culture parlera longuement des vestiges de la région. A ce propos, il dira : « Tébessa ‘‘baigne’’ dans des monuments datant de la période romaine et s’étalant jusqu’à la civilisation musulmane, en passant par plusieurs autres civilisations, dont la byzantine. Les vestiges les plus célèbres dans notre wilaya sont le temple de Minerve, construit au 3ème siècle et classé en tant que musée depuis 1920, la basilique romaine, l’arc de Caracalla, la muraille byzantine, Tébessa El Khalia, l’amphithéâtre de Tébessa, le village du Youks et la basilique de Sainte-Crispine». Mme Amel Zenadi, guide touristique de la région, nous fera les honneurs de ces lieux mythiques et mystiques qui ceinturent la vieille ville. « Ces vestiges sont l’attrait majeur des gens vers notre wilaya », souligne notre guide en cours de route. Une fois à la basilique romaine, en restauration depuis plusieurs mois, on est en face d’un édifice qui remonte à une date incertaine, nous dit-elle. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’on est vite attiré par la touche particulière et architecture bien romaine, dont des courbures, des pleins cintres ou des chapiteaux ornés.

Avant d’entrer dans ce lieu saint, musée depuis 1972, un petit jardin archéologique s’ouvre aux visiteurs, amoureux de pièces antiques. Ce dernier comporte des statuettes anonymes, des inscriptions et d’autres objets. A l’intérieur de l’église, en levant les yeux, Vénus ou Aphrodite, déesses de l’Amour et de la Beauté, semblent recevoir avec élégance leurs « amoureux ». Ainsi, le visiteur est vite impressionné par la grandeur, les couleurs et l’importante collection de lampes funéraires que renferment ces lieux. En ce sens, Mme Zenadi affirme : « La collection de lampes funéraires est inédites.»

Au fond de l’église, un grand sarcophage impérial aux muses, en marbre sculpté, où chacune des muses est représentée avec un symbole qui la distingue. Au milieu du musée, une vitrine qui comporte des ustensiles et du verre phénicien, et aussi des lampes à huile. Sur ces dernières, faites d’argile, on peut apercevoir plusieurs dessins. Comme on y trouve différentes inscriptions. Parmi les pièces qu’on a vues, une ne pouvait pas passer inaperçue car elle porte le symbole d’Hitler. Notre guide a expliqué que « ce symbole, utilisé par les bouddhistes, était synonyme de porte bonheur ».

Une grande horloge solaire fait partie des objets rares que contient cette église, actuellement en restauration, l’a déjà été entre 1885 et 1905.
A côté de l’église se dresse une muraille très haute et épaisse, entourant tout le centre de la vieille ville. Il s’agit, en fait, du mur byzantin, qu’on appelle également la muraille de Solomon. « Ce mur, datant de 593, s’ouvre sur quatre portes : une sur le nord, la porte de Caracala, sur l’est, la porte de Solomon, sur l’ouest, la porte de Constantine, et une autre sur le sud», précisera Mme Zenadi. Notons que la porte de Caracala, actuellement en restauration, est la seconde plus grande porte romaine. Sur l’arc de la porte, on peut lire une dédicace faite pour Caracala. Il convient de signaler que les colonnes de la porte ont été bétonnées, ce qui leur enlève de leur esthétique, en plus des affiches qui y sont collées.

La basilique Sainte-Crispine, une ville dans une autre
« C’est la plus grande basilique d’Afrique du Nord», dira notre guide à propos de la basilique Sainte-Crispine, qui se trouve à quelques mètres de la porte de Caracala. «Ce monument basilical et ‘‘dédié’’ à Sainte-Crispine, tué devant ses deux enfants», dit-on.

A l’entrée de cet immense musée à ciel ouvert, une porte majestueuse s’ouvre pour accueillir les visiteurs. Une fois à l’intérieur, on est en face d’une grande cour, qui pouvait servir de promenoir. Un peu plus loin, on peut apercevoir l’entrée d’une catacombe, « consacrée à la pratique du christianisme clandestin, vers 385 ». Pour accéder à la basilique, dont la grandeur et l’épaisseur des colonnes ne laissent pas indifférent, on emprunte des marches en pierres. Toute la basilique est entourée de colonnes, dont deux doubles très hautes et posés sur des socles, en marbre. La hauteur des colonnes ne traduit que l’immensité de cette église. A droite des escaliers, un baptistère adossé à l’ancienne église. Au milieu de ce lieu saint, les restes d’un grand bassin, qui servait de vasque pour ablutions. On y remarque également une ouverture souterraine. «On dit que celle-ci s’ouvre sur une galerie souterraine, à travers laquelle on peut se rendre en Tunisie, ce qui reste à vérifier. On avance aussi l’hypothèse de la présence de tombes chrétiennes», explique Mme Zenadi.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la basilique servait de campement aux militaires. En effet, sur nombre de colonnes ou murs du musée, on peut lire les noms de plusieurs soldats.
Le parquet de l’église est en mosaïque. Elle est parfois visible, et parfois couverte de terre, «une manière de la sauvegarder», précise la guide touristique, qui connaît pierre par pierre ce monument. Et d’enchaîner : « Tébessa est classée la deuxième après Carthage pour les vestiges et monuments archéologiques qu’elle renferme.» Notons que la basilique a été découverte en 1880. Et, depuis, les protestants en route sur les traces de saint Augustin, qui officia dans cette église, viennent chaque année pour le pèlerinage.
A côté de la basilique, s’ouvre un espace, suivie d’un escalier par lequel on accède à plusieurs petits espaces, qui ont dû servir d’habitations aux moines et religieux. «C’est un hôtel de 19 chambres», précise-t-on. A proximité, de nombreux vestiges et tombes païennes et chrétiennes.
En sortant de « l’hôtel », une allée s’ouvre sur un grand jardin, donnant sur de nombreuses petites cellules. Il s’agit en fait des écuries, pouvant contenir 80 chevaux.
L’ensemble basilical ou ruines de la basilique Sainte-Crispine est entouré de chapelles, baptistères, catacombes et jardins. Il contient des allées, des écuries, de gigantesques escaliers, des chemins souterrains et beaucoup d’édifices. romains. Pour conclure, Mme Zenadi souligne : « Tous les vestiges et monuments de Tébessa sont mis en valeur et inscrits comme patrimoine archéologique.». C’est sur ces propos que prend fin notre « évasion archéologique ».


Les autorités ont dégagé une enveloppe budgétaire spéciale pour financer cinq grands chantiers. Il s’agit de l’inventaire des biens culturels immobiliers et immatériels et d’une banque de données des biens culturels immatériels de la wilaya, de la conservation de la muraille byzantine, de l’étude pour la préservation et la mise en valeur de l’église Sainte-Crispine, de la réalisation d’une clôture à Tébessa El Khalia et, enfin, de l’étude du plan permanant de sauvegarde et de mise en valeur du village de Youkous.
[ source ]
Par Tassadit Lazili, envoyée spéciale à Tébessa
La Tribune, édition du 17 AOUT 2008

Maghnia : La porte romaine de l’Algérie

# Administrateur | 14/08/2008 | Patrimoine

> RÉGIONS

Maghnia : La porte romaine de l’Algérie

Située à l’extrême ouest du pays, à 14 km de la frontière marocaine, Maghnia, quoi qu’on en dise, peut se targuer d’être une destination fortement prisée par les touristes nationaux.


Surplombée par les monts prestigieux d’Asfour, dont les sources d’eau limpide rejaillissent au milieu d’un tapis vert auréolé d’arbustes millénaires, l’ancienne Syrorum Numerus est aussi connue pour ses stations thermales, telles que Hammam Boughrara et Chigueur aux vertus médicales reconnues par des experts internationaux. A 40 mn de l’aéroport international de Zénata-Tlemcen, la ville de l’ancien président Ahmed Ben Bella reluque la mer également : en fait le sable fin et les eaux de Marsat Ben M’hidi (ex-port Say) ne sont qu’à 50 mn. Le visiteur a le choix des hôtels : le Tafna, El Wiam, El Izza, Lalla Maghnia, El Qods... Ce sont plus de dix établissements bien situés et à des tarifs alléchants. Le blasphème serait de séjourner dans la cité frontalière sans se mêler à la foule de Souk Tleta, où l’on trouve de tout et à bas prix. Reconnus pour leur hospitalité et leur sens de l’humour, les Maghnaouis éprouvent un réel plaisir à vous montrer la maison du président et celle de Mohamed Khemisti, le Premier ministre des Affaires étrangères, dont le corps gît au cimetière Lala Maghnia. Vous serez éblouis par la façon dont les autochtones parlent de leurs intellectuels et artistes Zineb Laouedj, Mehdi Charef, Rachid Bouchareb, Gana El Maghnaoui, Hamidi, Mahboub, Souadji, Arzazi... et d’Oued Mouillah, dont chaque pierre raconte un pan de notre histoire. Des anthropologues et historiens autrichiens, américains et maghrébins en savent quelque chose (en 1989, un colloque international sur l’homme maghrébin depuis 100 000 ans a été organisé à Maghnia). Ne disons pas plus : Maghnia aime qu’on la découvre sans préjugés...
[ source ]
Par C. Berriah
El Watan, édition du 14 Aout 2008

Algérie - Restauration des sculptures du musée de Cherchell

# Administrateur | 04/08/2008 | Patrimoine

L’opération se prolongera jusqu’à la fin du mois d’août

Une équipe algéro-allemande pour la restauration des sculptures du musée de Cherchell


Désormais, les visiteurs de Cherchell peuvent contempler les sculptures qu’abrite le musée à leur nouvelle place. La première statue qui a trouvé sa nouvelle position sur un socle en marbre, c’est Artémis, déesse de la chasse et des animaux sauvages, notamment des ours.

L’opération de sauvegarde et de restauration des statues du musée se fait en partenariat avec des étudiants d’archéologie allemands et algériens. «Nous avons fait venir exprès d’Oran et de Blida des blocs de marbre pour placer à l’abri des tremblements de terre les sculptures de Cherchell», explique Paul Hofman, chef des archéologues allemands dans un communiqué de presse de l’ambassade de la République fédérale d’Allemagne, parvenu à notre rédaction mercredi dernier.

L’opération dure depuis presque trois semaines au musée de Cherchell où M. Hofman travaille tous les jours en étroite collaboration avec des restaurateurs et étudiants algériens. La délégation allemande, sous la responsabilité du docteur Christa Landhewer, chef du projet, est impressionnée par la richesse historique du musée. En ce sens, il souligne : «Tous les archéologues et restaurateurs sont impressionnés par la diversité et la beauté des pièces en exposition.» Pour donner plus de beauté à ces objets antiques, «nous voulons placer les statues dans une position à tel point qu’elles raconteront une histoire et rendront le musée plus animé et vivant», poursuit-il. S’agissant de l’équipe algérienne dirigée par Mme Benakhlouche, elle affirme que «Cherchell est une ville d’une histoire incroyable» et que, depuis que les travaux ont commencé au musée en partenariat avec les Allemands, les citoyens de Cherchell accorde un grand intérêt au musée.

Notons que le musée de Cherchell est riche en mosaïque et abrite plusieurs pièces antiques. L’opération de restauration menée par les deux équipes, allemande et algérienne, au musée de Cherchell qui est ouvert au public, se poursuit jusqu’à la fin août, et il «se peut qu’il y ait en 2009 une suite du projet», peut-on lire dans le même communiqué.
[ source ]
Par Tassadit Lazili
La Tribune, édition du 04 AOUT 2008

Algérie - Festival des danses populaires

# Administrateur | 31/07/2008 | Patrimoine

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FestivalFestival des danses populaires : Belles soirées à Aïn Témouchent

Pour la 4e édition du festival international des danses populaires de Sidi Bel Abbès, la maison de la culture a pris l’initiative d’obtenir de son commissariat que les troupes participantes fassent le détour par Aïn Témouchent pour s’y produire.


Ainsi, à ce jour, huit compagnies, à raison de deux par soirée, ont redonné vie au théâtre de verdure du jardin public. Toulouse et une troupe du Mali ont démarré ce festival bis à une soixantaine de kilomètres de la capitale de la Mekerra. Deux jours auparavant, hors ce programme, le groupe Musgana d’Espagne a donné à goûter la musique traditionnelle castillane, teintée d’une touche de modernité dans ses rythmes et sonorités médiévales et celtiques, avec pour instruments de base une flûte, un accordéon, un petit tambour et une cornemuse. Le 26 juillet, la compagnie Maribel a enchanté avec ses musiques, chants et danses des pays catalanos-aragonais. Tout autant que l’orchestre, les danseurs évoluaient habillés de fastueux costumes, typiques des régions représentées : la Catalogne, les Baléares, Valencia et Aragon. La compagnie Oscar, de Syrie, a énormément déçu. Elle n’avait rien du professionnalisme des autres troupes.

Sa prestation n’était même pas digne d’une fête de patronage. En somme, une insulte au public algérien par les apparatchiks de la culture au pays de la « Syrie El Assad », selon la formule de l’accompagnateur de la troupe, un préposé du parti baath. Heureusement, le lendemain, le feu d’artifice a repris avec les Polonais et les Serbes. L’envoûtement était garanti avec les chants à capella ou des musiques endiablées avec des danseurs en verve et leurs chatoyants costumes volant au vent. Au bout du compte, pour d’aucun, les superbes prestations des danseurs et des orchestres, leurs prenants chants, les inconnues mais charmantes sonorités musicales et les ravissantes chorégraphies ont constitué bien plus qu’une occasion de bienheureuses sorties nocturnes pour les familles. En effet, pour une population qui sort d’une décennie noire, encore ligotée dans l’étau d’une idéologie rétrograde, victime d’elle comme d’une répression qui tacle toute manifestation de vie originale, ces soirées constituent une véritable thérapie grâce à la confrontation à l’autre, au corps de l’autre, un corps qui s’exhibe dans ses déhanchés et qui se dénude l’instant d’une farandole dans le froufrou de ses jupons. Signe fort révélateur, les quelques égrillards cris d’un juvénile public ravi de l’apparition d’un galbe se sont vite tus : l’art ne pouvait qu’étouffer les instincts bestiaux et imposer l’admiration respectueuse de la beauté.
[ source ]
Par M. Kali
El Watan, édition du 30 Juillet 2008

Algérie - Les nahassine de la vieille Constantine

# Administrateur | 30/07/2008 | Patrimoine

Les nahassine de la vieille Constantine

De la forge à l’objet d’art… toute une alchimie


DinanderieLe métier de la dinanderie s’appuie sur le travail de la feuille de cuivre et sa transformation en articles utilitaires ou simplement décoratifs.

Les artisans dinandiers sont établis depuis le Moyen Age.
Depuis des centaines d’années, on aura donc vu se succéder les styles dans une atmosphère rythmée par le bruit des marteaux sur le cuivre. La dinanderie algérienne remonte au Moyen Age et concentre une large inspiration turque. Elle est Localisée autour des casbahs, dans des quartiers qui lui sont réservés à Alger, Tlemcen, Constantine et à un degré moindre à Ghardaïa et Tindouf ; ses produits restent les témoins incontestables d’une grande richesse ornementale inégalable. De la kérouana au mahbès, en passant par la tassa et le taftal, ces vases et récipients sont d’une esthétique sans égale. On ne peut évidemment pas parler de ces derniers bastions de la résistance artisanale sans évoquer le souk Al Nahassine de Constantine situé dans la vieille médina ; on y déniche de vrais chefs-d’œuvre. Exposées dans la rue comme dans les vieilles boutiques étroites de l’antique cité, ces merveilles n’ont en rien perdu de leur qualité et de leur éclat. Les plateaux sont la spécialité indétrônable de Constantine. Ronds, rectangulaires, petits ou grands, ils intègrent des symboles décoratifs orientaux. On y compte le mahbès, la cafatira, la kirouana, le m’rach et el kettara, objet de toilette, témoignent d’une tradition citadine. Utilisant essentiellement la feuille de cuivre comme base de leur art, les dinandiers ou al nahassine fabriquent et ornent de véritables produits d’art. Ces artisans se comptent aujourd’hui sur les doigts, cédant le terrain aux dinanderies tunisiennes qui envahissent nos marchés. Tel le sculpteur face à la motte informe d’argile à laquelle il donnera vie plus tard, le dinandier laisse transparaître son expression artistique en ciselant les plaques de cuivre. Dans leurs minuscules fabriques, les artisans s’affairent sous l’œil scrutateur de leurs apprentis, apprivoisent le cuivre rougeoyant à coups de maillet adroitement assénés ; les gestes secs et précis, les maîtres de la sanaa, absorbés par leurs créations, n’ont même pas le temps de relever la tête pour s’éponger le front. Les échoppes sont réduites et encombrées par de vieux plateaux de différentes dimensions, de pesantes marmites dont on se sert lors des grands événements familiaux, des «dellouas» «synias», mahbès, «kirouanas» jusqu’au tout petit «tafel», de vieux objets hétéroclites jalousement préservés par certaines familles constantinoises, et qui se retrouvent périodiquement entre les mains des nahassine pour qu’ils leur insufflent une nouvelle vie. Dans la boutique, un feu incandescent est constamment entretenu par le plus grand des apprentis, une grosse tenaille à portée de main lui permettra de plonger rapidement dans le feu l’ouvrage durci. Une fois chauffé à blanc, il deviendra plus malléable et obéira mieux à l’inspiration de l’artisan qui lui donnera la forme voulue. La place du soufflet est encore visible ; la vie moderne a remplacé charbon et coke par l’alimentation en gaz. Dans un silence quasi religieux, ponctué des seuls coups de maillet, les ma’alims s’adonnent à leur besogne. Un vrai travail d’art où l’on joint compas, pointeaux et fins martelets pour réussir la création d’arabesques et entrelacs, ciselés avec l’ingéniosité de ces artisans qui n’ont leurs pairs que dans les derniers retranchements de quelques échoppes dans la vieille Casbah d’Alger et celle de Tlemcen. Une fois l’œuvre achevée, elle est étamée et lustrée avant d’être livrée ou mise en vente. Un véritable exploit que persistent à transmettre les derniers résistants du métier aux nouveaux apprentis pour perpétuer une tradition ancestrale qui a tendance à disparaître comme tous les petits métiers qui faisaient autrefois la fierté de Constantine.

Des artisans qui ont le courage de persévérer, et avec beaucoup de conviction, dans la sauvegarde du métier malgré le poids de l’adversité. Rester fidèlement attaché aux vieilles méthodes de fabrication ancestrales authentiques, c’est la preuve d’un amour solide pour la dinanderie et d’un attachement viscéral à la tradition.
[ source ]
Par Ghada Hamrouche
La Tribune, édition du 30 Juillet 2008

La Casbah : Opération de restauration délicate

# Administrateur | 13/06/2008 | Patrimoine

La Casbah : Opération de restauration délicate


Après la chute d’une partie de la balustrade et de la corniche au niveau des combles de la Chambre de commerce (ex-Palais consulaire), les deux minarets de la mosquée Ketchaoua et le clocher du minaret de Djamaâ Jdid sont ébranlés, d’où risque d’éboulement.

La direction de la culture de la wilaya a engagé un bureau d’études pour prendre en charge les deux opérations délicates, qui mobiliseront une enveloppe de quelque 25 millions de dinars, selon le chef de projet Cneru du secteur de sauvegarde de La Casbah, Abdelouahab Zekagh. La première opération, qui concerne la Chambre de commerce, consiste « à effectuer un cerclage métallique d’urgence de l’extérieur vers l’intérieur de la balustrade ; quant aux travaux de restauration des ouvrages des édifices culturels sus-cités, l’intervention est un peu spéciale, voire à la limite du chirurgical », précise M. Zekagh. Par ailleurs, il y a lieu de signaler qu’en aval de l’ex-boulevard de la Victoire (Haute Casbah), des vestiges témoignent d’un ouvrage de l’époque. Il s’agit d’un topanet (batterie) qui vient de faire l’objet d’une réhabilitation gauche. Ni le BET ni l’entrepreneur chargé de l’opération n’ont jugé utile de restituer les merlons (partie pleine d’un parapet entre deux créneaux) de l’ouvrage et ce, en respectant le caractère authentique des éléments architectoniques. Pour rappel, la mosquée Ketchaoua fut bâtie au XVIIe siècle (selon certaines sources historiques) par le dey Baba Hassan. La bâtisse fut transformée en 1832 en lieu de culte catholique et baptisée cathédrale Saint Philippe, avant d’être récupérée à l’Indépendance. Edifice surprenant par le mélange des styles romano-byzantin et turco-arabe, la mosquée Ketchaoua fut le centre d’un quartier animé entre la citadelle et la rade d’Alger. Quant à la mosquée dite Djamaâ Jdid, de rite hanafite, elle a été construite en 1660.
[ source ]
Par M. Tchoubane


El Watan, Edition du 13 Juin 2008

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