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Au musée du Bardo Alger: El Haïk, identité algérienne au féminin

Exposition au Musée du Bardo, un hommage à la femme algérienne « El Haïk »

Elhaïk, le voile de la femme algéroise - grandePoste - alger 1955

La Grande Poste – Alger – arrêt du Tramway

Le haïk, cette tenue séculaire faisait jadis la beauté de la femme algérienne, de nos jours, les index pointent celles qui le porte. Le haïk, un symbole de pureté et d’honneur. Au-delà du simple fait qu’il renvoie à nos traditions vestimentaires, il évoque carrément « el horma ». El haïk, ce voile bien de chez nous, d’un blanc immaculé, ou blanc cassé, n’est plus ce qu’il était. Il est même menacé d’extinction pure et simple.

 

Elhaik - exposition

Afin de lui redonner vie et sauvegarder cette richesse historique et mémorielle, afin de le faire connaître et de le faire apprécier par la jeune génération, une démarche sociologique s’impose pour le réhabiliter. C’est pour cette raison que le ministère de la Culture et le Musée national du Bardo ont organisé une exposition qui se veut un hommage à la femme algérienne, aux chahidate, aux moudjahidate et au symbole du haïk, notre identité nationale.

S’agissant d’une exposition muséale, le premier volet de l’exposition est consacré aux photos accompagnées de textes scientifiques et ethnographiques, inspirés des témoignages vivants des vieilles femmes, et d’écrivains et d’historiens qui ont vécu à cette période, ainsi que des témoignages des colonisateurs qui ont laissé des traces dans leur écrits.

 

« Le premier volet, on l’a réservé aux photos, comment la femme portait le haïk, durant la période ottomane, et la période coloniale, jusqu’à la période actuelle. Ce n’est pas pour montrer l’évolution du haïk, mais pour montrer qu’il a été supplanté par un voile extérieur venu d’Orient comme le djilbab et le hidjab », a expliqué Haka Farida, commissaire du festival et conservatrice au musée du Bardo.

 

Le deuxième volet explique les techniques de fabrication du haïk, avec des éclaircissements portant sur les deux matériaux qui constituent le haïk traditionnel, laine (haïk mensedj) et la soie (haik m’rema) accompagné de tous les outils.

 

Un autre volet est consacré à la manière de porter le haïk, avec deux manières principales : avec la voilette (le aâjar), ou sans voilette (qu’on appelle le haïk Bouâouina), avec des explications placardées sur les murs des différentes sortes de voilette. « Comme notre territoire est grand, nous l’avons divisé sur quatre régions pour démontrer les différentes sortes de haïk que les femmes portent :

 

• Alger la capitale
• L’oasis saharien où la femme porte le haïk Bouâouina qu’on appelle à Ghardaïa, ahouli
• l’Est algérien avec le fameux voile noire appelé la m’laya
• l’extrême Sud, porté par les femmes touaregs et qui porte le nom du tseghnest », a noté Haka Farida.

 

On se souvient tous de la fameuse séquence du film la Bataille d’Alger, lorsque Yacef Saâdi s’est déguisé, avec d’autres combattants, en femmes en portant le haïk pour cacher son identité.

Cette dimension a été explorée par un volet de l’exposition, dédié à l’apport du haïk à la Révolution algérienne. « Nous n’écartons pas le rôle du haïk durant la Révolution algérienne, lorsqu’il cachait des femmes et des hommes qui portaient des documents et des bombes dans le but d’acquérir l’indépendance de l’Algérie », a rappelé la commissaire.

Et comme la tenue vestimentaire est une forme d’art, un volet dédié aux artistes a été consacré aux peintres et stylistes : « Certains peintres ont utilisé l’huile, l’eau, le couteau, le crayon, les bijoux, des pairs de colliers, des bouts de tissu, et ils ont collé ces outils sur des photos inspirées d’internet ».

L’interlocutrice a appelé les femmes à porter le haïk plus souvent dans les cérémonies nuptiales, qui maintiennent sa place dans nos coutumes. « Même si l’on ne peut pas le porter dans la vie quotidienne, heureusement que le haïk reste toujours présent dans nos mariages, la nouvelle mariée sort toujours de la maison parentale en portant le « haïk laroussa » vers sa demeure conjugale ; c’est un haïk soyeux orné par des chutes qu’on appelle des lisières dorés ou argentés », a-t-elle encore expliqué, avant de revenir sur l’objectif de cette exposition. « On essaye de réhabiliter le haïk parce qu’il n’est pas évident de le porter quotidiennement, mais pour essayer d’inciter quand même les femmes pour le porter en allant aux mariages, au lieu de porter la M’laya saoudienne, ou un châle européen ; elle peut porter le haïk, il donne beaucoup d’élégance et un grand charme à la femme », a-t-elle conclu.

Il était une fois le Haïk

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